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Publié par christian guittard

Cantalien d'adoption

Il y a 30 ans, je suis arrivé à Aurillac, habitant le département voisin, j'ai eu l'occasion de rejoindre cette ville avec ma famille pour occuper un emploi. Je suis venu seul pendant un mois dans un premier temps pour mieux connaître la ville et être sûr de mon nouveau choix de vie. À mon arrivée j'ai été accueilli avec beaucoup de sollicitude. Mes nouveaux collègues de travail ont été forts agréables au quotidien. J'ai découvert l'univers Aurillacois d'alors, je me souviens du plancher en bois de la terrasse du Grand café Mary. Après le mois de découverte passé ma famille m'a rejoint. Nous avons trouvé un appartement neuf comme logement. Le propriétaire, au nom de mon employeur ne m'en demanda pas plus, il était rassuré. Sa réaction de confiance m'a tout de suite indiqué qu'il existait une grande proximité entre les habitants. La vie Aurillacoise de l'époque était plutôt assez ouverte. Je me suis rapidement rendu compte qu'en connaissant une dizaine de personnes en appréhendait facilement son fonctionnement quotidien. La notion de grand village existait comme aujourd'hui. Je me suis aperçu au fil des années que lorsque l'on vit à Aurillac, son ambiance bon enfant et sa qualité de vie sont un peu pesante au fil du temps. Il est nécessaire de sortir de temps à autre de ce nuage qui se transforme rapidement en brumes soporifiques. À Aurillac, j'ai découvert le département du Cantal et ses charmes non négligeables. Ses montagnes à vaches ont le mérite d'offrir une foule de distractions en lien direct avec la nature. Il y a 30 ans, la mode nature n'était pas aussi marquée qu'aujourd'hui. Ayant plusieurs fois changé de travail, j'ai eu la chance de connaître plus en détail le fonctionnement de la ville et de ses acteurs. Parmi ces derniers j'ai connu un dirigeant d'entreprise qui n'a jamais pu s'intégrer, à son goût, bien qu'il ait fait un parcours professionnel remarquable. Il avait une vision un peu pessimiste du département, il n'avait pas su aller au bout de ses ambitions d'intégration. La vie Aurillacoise se vit au jour le jour pour en profiter au mieux comme dans beaucoup d'autres villes. Avec un peu de recul, je crois que le Cantal n'est pas aussi foutu que beaucoup veulent bien le dire. Il vit simplement à son rythme, mais celui-ci est un peu ralenti par rapport à d'autres départements. La question du dynamisme reste posée, mais pour beaucoup d'habitants la qualité de la vie est plus importante que la course à l'échalote permanente. Pour bien s'intégrer à Aurillac, et dans le Cantal il faut regarder vivre les habitants et surtout ne pas arriver en pays conquis. Les grands ratages d'intégration que j'ai pu connaître étaient le fait d'arrivants qui voulaient transférer leur mode de vie antérieure dans leurs nouvelles activités. Les Cantaliens sont fiers de leur département, ils supportent difficilement qu'on leur dise « lorsque j'étais à..., on faisait comme ça, alors vous allez voir ».

Pour résumer , je crois que pour intégrer correctement le département il faut savoir écouter, regarder et rester humble.

Le « bon sens paysan » au sens large du terme est toujours d'actualité car il est basé sur des vécus solides et non superficiels.

Aujourd'hui si j'avais le même choix à faire qu'il y a 30 ans, je le referait d'autant plus sans aucune hésitation que les années passées m'ont permis de connaître quelques clés.

Propos recueillis par C.G

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