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Publié par christian guittard



  • 10 Juillet 2009 Par  mediapart (source de l'article)


    L'embarras du gouvernement est manifeste, à la suite de l'impromptu du PDG d'EDF, Pierre Gadonneix, demandant des hausses de 20% des tarifs d'électricité. A la suite d'une succession de réponses alambiquées, les ministres des finances et de l'écologie ont dû finalement admettre dans un communiqué : «S'agissant d'une évolution tarifaire en 2009, aucune décision n'a été prise par le gouvernement sur son opportunité et son niveau.» En termes plus clairs, il y aura bien une augmentation mais Pierre Gadonneix a vendu la mèche trop tôt.

     

    Selon nos informations, le gouvernement travaille même sur ce sujet activement depuis quelque temps. Un décret est même en préparation pour reconstruire tout le cadre tarifaire de l'électricité. Le texte prévoit que les tarifs de vente à l'avenir ne seront plus calculés sur les seuls prix de fourniture mais intégreront les tarifs de réseau et de distribution, plus quelques données annexes, ce qui amènerait de grands changements sur le marché de l'électricité.

     

    Car derrière des considérations très techniques, la motivation politique est réelle. Le projet vise à la fois à favoriser la concurrence sur le marché de l'électricité, intégrer les recommandations de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) qui demande une meilleure prise en compte des coûts de distribution, et préparer la cession du réseau de transport d'électricité (RTE), qu'EDF souhaite vendre pour se désendetter.

     

    L'ensemble de ce nouveau dispositif devrait être prochainement soumis à la CRE qui devra donner son avis. Il pourrait entrer en vigueur dès le mois d'août. Un autre texte devrait suivre dans les prochains mois, actant les recommandations de la commission Champsaur, qui aboutira de fait à la vente virtuelle de centrales nucléaires à des concurrents, EDF continuant juste à en assurer l'exploitation et les risques.

     

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    Cette désintégration verticale voulue au nom de la concurrence, et qui amène à la suppression des économies d'échelle, a une conséquence : les prix augmenteront. Dans quelque proportion? Intégrant les changements à venir, Pierre Gadonneix a déjà affiché ses calculs: il veut 20%. Le gouvernement a pour sa part rappelé que l'arbitrage sera politique.

     

    De la controverse qui a opposé le gouvernement au PDG, il faut retenir une chose : ni l'un ni l'autre ne se sentent tenus par le contrat de service public signé entre l'Etat et EDF. Rédigée au moment de l'ouverture du capital du groupe électrique en 2005, cette charte avait pour but d'assurer un environnement stable jusqu'à la fin de 2010 et à préserver le service public de l'électricité.

     

    Aujourd'hui, ce contrat ne semble plus être qu'un chiffon de papier. La détermination du prix de l'électricité redevient un objet politique, une résultante entre les circonstances politiques et économiques et les besoins d'EDF. On est très loin de l'organisation du marché que devait amener la libéralisation du marché de l'énergie.

     

    Les augmentations prévisibles des prix de l'électricité vont ravir les concurrents. Se faisant l'écho de leurs préoccupations, la CRE juge que les tarifs devraient augmenter au moins de 20% à 30% afin de permettre une vraie concurrence sur le marché de l'électricité, aucun groupe en l'état actuel n'étant en mesure de rivaliser avec EDF. Curieusement, la CRE, qui ne cesse de s'inquiéter de l'absence de concurrence sur le marché de l'électricité, est étonnamment silencieuse sur la situation dans le marché du gaz.

     

    Pourtant, GDF Suez continue lui aussi de bénéficier d'une rente acquise comme opérateur historique. Les fournisseurs alternatifs détiennent à peine 3% du marché de fourniture du gaz aux particuliers, à peine plus qu'en matière électrique (2,3%). Faut-il donc en déduire qu'un monopole privé est bien plus légitime qu'un monopole privé est bien plus légitime qu'un monopole public ?

#information