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Publié par christian guittard

Les deux demi-frères voyous

 

Dans la nuit du 15 juillet 2007, le client d'une boîte de nuit de Mauriac sort complètement éméché de sa soirée. Se rendant compte de son état, il s'allonge sur le siège arrière de sa voiture pour récupérer avant de prendre le volant. Il s'était endormi lorsque les deux demi-frères largement alcoolisés maraudent pour voler un véhicule. Le plus saoûl ouvre la portière du dormeur et essaie de démarrer le véhicule en bricolant les fils de contact sous le volant. L'autre s'apercevant qu'il y a une personne sur la banquette arrière le prévient. Il fouille rapidement la boîte à gants, en extrait un portefeuille et le jette sous le véhicule car il n'y avait pas d'argent.

Les deux accusés se sauvent et vont exercer leurs talents sur un autre parking. Sans doute dépités, par leur premier essai infructueux, un des deux décide de mettre le feu à une voiture. Il lacere avec hargne la banquette arrière et craque une allumette. Le feu prend rapidement et avant que les pompiers arrivent il se propage à un autre véhicule.

Bilan de l'opération, 2 voitures réduites en cendres.

À la barre aucune explication de leur geste, la seule donnée est un peu bateau « j'étais complètement plein ».

Les deux jeunes voyous sont arrivés dans le Cantal récemment, celui qui était le plus ivre s'est fait remarquer récemment dans une bagarre où il a joué du couteau.

Alexandre Rossi, substitut du procureur, les a tancés : « si j'étais-vous je raserais les murs à Mauriac et si j'entends encore parler de vous c'est la case prison directe ». « ce n'est pas le gérant du bar qui vous a ouvert le gosier ». Il a requis 140 heures de travail d'intérêt général en condamnation.

Condamnations : 2 mois de prison avec sursis et 120 heures de travail d'intérêt général à effectuer pour chacun des prévenus.


Prostitution pour 10 €

 

C'est un relent de misère qui s'est dégagé tout au long des déclarations des prévenus et de leur interrogatoire par le président Goumont,. Les prévenus, maghrébins (65-72 et 79 ans) étaient cités pour corruption de mineurs de moins de 15 ans et de moins de 18 ans.

Les faits se sont déroulés en 2005 et jusqu'en août 2006.

Le 9 août 2006, une jeune fille accompagnée par sa mère se rend au commissariat et dépose plainte pour viol. Elle raconte que son petit ami l'a violée. Le lendemain elle revient au commissariat avec l'éducatrice qui la suit et change de version. Devant l'imbroglio, les policiers cherchent à comprendre et elle finit par avouer qu'elle faisait des ménages chez un des accusés (79 ans) et que depuis l'âge de 12 dans celui-ci lui imposait des relations sexuelles en contrepartie d'argent.

En fait, elle voulait se faire conduire à l'hôpital pour vérifier si elle n'était pas enceinte.

Elle ajoutera aux policiers que son employeur l'a menacé avec un couteau.

Lorsque Denis Goumont, président du tribunal questionne le prévenu, celui de 79 ans explique qu'il a chassé la victime car elle voulait téléphoner. « chez moi ce n'est pas une cabine téléphonique ». Visiblement ébranlé à la barre le prévenu qui varie à chacune de ces auditions reconnaîtra qu'il s'était frotté le sexe contre celui de sa victime.

Mais il avait présenté la victime à ses connaissances (65 et 72 ans) en leur disant qu'elle couchait avec tout le monde. Ces derniers avoueront 2 relations sexuelles et 5 fellations. Un long débat s'ensuivra sur l'âge de la victime. D'après le président Goumont, il était impossible de ne pas voir qu'elle n'avait pas 18 ans. Le prévenu (79 ans) répétera plusieurs fois « qu'il est tombé dans un piège ».

Mais lorsque Denis Goumont lui demandera d'expliquer sa notion du mot piège, il restera sans voix. Les prestations de la victime étaient tarifiées entre 10 et 20 €.

Les compères ont profité d'une autre jeune fille âgée de plus de 15 ans au moment des faits. Le plus âgé des prévenus leurs avait dit « vous pouvez la baiser contre de l'argent, elle est moins chère, elle fait ça pour 5 ou 10 € ». L'un des prévenus déclarera : « on s'est amusé, je lui ai donné 15 € ». « Je croyais qu'elle était majeure, j'ai payé c'est un piège ».

À la lecture d'une partie de l'examen psychologique de la première jeune fille en apprendra qu'en 2001 elle avait déjà été victime d'attouchements de la part du compagnon de sa mère.

Sa vulnérabilité est liée à son histoire, mais elle ne voulait pas que l'affaire prenne cette ampleur. Lors de l'expertise psychologique des trois prévenus ils ont déclaré qu'ils étaient tombés dans un piège. L'un des deux rajoutera « personne ne l'a forcer à prendre de l'argent » en parlant de la première jeune fille.

Pour Alexandre Rossi, substitut du procureur, parallèlement à cette affaire il y a d'autres clients et deux ou trois jeunes filles qui se prostituent à Aurillac. Mais pour lui, le dossier fait partie de ceux qui sont désagréables et nauséabonds par rapport aux faits. « La prostitution est tolérée, mais son exploitation est punie ». Cette affaire, selon lui, c'est l'exploitation d'une certaine misère, l'exploitation de certaines rumeurs « il paraît que », l'exploitation de l'origine ethnique « dans la gitanerie toutes les jeunes filles se prostituent », propos racistes par excellence.

Le presque nonagénaire, selon lui, « est l'instigateur et le facilitateur des faits », il demandera 10 mois de prison avec sursis à son encontre.

Pour les deux autres, ses réquisitions s'arrêteront à 5 mois de prison avec sursis.

Les avocats des prévenus insisteront sur le contexte délétère du dossier, les prévenus se sont renvoyés la balle tout au long de l'instruction.

Visiblement ce n'est pas leur fort d'assumer leurs responsabilités selon un des avocats.

Le jugement est mis en délibéré au 4 octobre 2007.


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