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Publié par christian guittard

Article paru Dans Ça fait l'actu 10/02/2021 Par Peuple Libre Projet de carrière : le préfet oppose son refus

Le collectif d'opposants était allé jusqu'à la préfecture de Valence pour montrer l'ampleur de sa mobilisation. - Photo :Dominique Gimelle


Le représentant de l'État n'accorde pas l'autorisation d'ouverture d'une exploitation qui risque de porter atteinte au paysage. Une grande victoire pour les opposants au projet.

Le représentant de l'État a opposé un refus à l'autorisation d'ouverture d'une carrière de roches massives pour la société « Sasu Carrières Benoît Gauthier » sur le territoire de la commune de Saint-Nazaire-en-Royans aux lieux-dits Campalon et Vanille. Pour les habitants du village, le mont Vanille est sauvé.
Plusieurs éléments ont motivé cette décision officielle. Par voie de communiqué de presse, la
Préfecture écrit : "la localisation sur un itinéraire touristique majeur, l'impact sur le patrimoine
paysager et sur l'une des entrées sur le territoire du Vercors reconnu pour la qualité de ses
routes dites vertigineuses conduisant notamment au site inscrit des gorges de la Bourne, la
Combe Laval". Le représentant de l'État a ajouté que l'exploitation aurait été située à moins de
3 km de la commune d'Hostun, autre patrimoine remarquable. Et de conclure : "le projet
d'exploitation ne pourra être qu'à l'origine d'excavation et portera irrémédiablement atteinte au
paysage".
On ne sait toutefois pas qu'elle sera la suite donnée à cette affaire, le promoteur pouvant choisir
entre un abandon du projet des carrières ou un recours devant le Tribunal administratif pour
annuler l'arrêté préfectoral.

L’histoire commence en janvier 2020 avec une enquête publique concernant «
l’ouverture et l’exploitation d’une carrière de roche massive
». Stupeur pour la plupart des Nazérois, qui découvrent le projet. Les nuisances d’une extraction à ciel ouvert, particulièrement visible depuis le village, sont impensables pour une majorité de riverains. D’autant plus que l’économie locale dépend fortement de l’activité touristique.
La liste sortante balayée dès le premier tour
«
J’en avais entendu parler, mais je m’y suis vraiment intéressé en janvier avec l’enquête publique
, se souvient Maud Lefèvre-Mournetas,co-présidente de l’association
Sauvons le mont Vanille Royans Vercors
.
J’habite à La Baume-d’Hostun, à 500 mètres de l’endroit choisi par le carrier. Et je me suis dit que j’allais tout faire pour me battre. Notamment en apportant ma formation de juriste.
» La bataille est âpre : la municipalité en place tient au projet.

« Nous nous sommes rapidement rendus compte que nous n’avions pas le choix. Que la municipalité en place ne changerait pas d’avis et ne prendrait pas en compte celui des habitants. Et que le projet se ferait si nous ne prenions pas la mairie. »
Rémi Saudax
Car le temps de l’enquête publique est aussi celui de la campagne municipale de mars. Lors des voeux du maire le 17 janvier 2020, des manifestants annoncent la formation d’une liste d’opposition. Rémi Saudax en prend la tête : «
J’étais d’abord mobilisé en temps que riverain. Mais nous nous sommes rapidement rendus compte que nous n’avions pas le choix. Que la municipalité en place n'échangerait pas d’avis et ne prendrait pas en compte celui des habitants. Et que le projet se ferait si nous ne prenions pas la mairie.
» Le verdict des urnes est sans appel : l’équipe en place recueille moins de 40 % des votes et est balayée dès le premier tour.
Au mois de juin, le commissaire enquêteur rend un avis favorable au projet. Mais en parallèle, la mobilisation ne faiblit pas. À quelques jours de la décision préfectorale, Rémi Saudax entame un jeûne de protestation pour mettre encore un peu plus de pression sur le représentant de l’État. Qu’est-ce qui a finalement poussé le préfet à renoncer à signer l’autorisation d’exploitation ? «
Difficile à dire. La mobilisation médiatique, avec un reportage de TF1, a sans doute eu un impact
, avance l’édile.
D’autres acteurs ont aussi émis des avis négatifs : le Parc du Vercors, les différentes communautés de communes, les Architectes de France et la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Ndlr). Le projet manquait de toute façon de maîtrise foncière. Il n’aurait jamais dû remonter jusqu’au préfet et faire l’objet d’une enquête publique.
»

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