Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Takieddine: «Sarkozy a intérêt à me recevoir», impressionnant!!!

par christian guittard 30 Septembre 2011, 16:29 information

source et suite de l'article www.mediapart.fr

par  LA RÉDACTION DE MEDIAPART

 

Interrogé par BFM-TV ce jeudi 29 septembre, le marchand d'armes et intermédiaire Ziad Takieddine, mis en examen le 14 septembre dans l'enquête du juge Van Ruymbeke sur le financement de la campagne Balladur de 1995, s'est expliqué sur ses relations avec le chef de l'Etat, avec Jean-François Copé ou encore Claude Guéant, ainsi que sur ses missions dans divers contrats mis au jour tout l'été par Mediapart.

 

 

Interrogé sur son rôle en général, l'intermédiaire a assuré que«depuis 1993», date de son installation à Paris, il n'a fait que des«choses missionnées officiellement par le gouvernement ou par un pays qui me demandait des choses». Il assure n'avoir agi que dans«l'intérêt de la France» et n'avoir rien fait «sans l'accord total du gouvernement de l'époque, n'importe lequel».      

«Nicolas Sarkozy, je l'ai rencontré deux fois dans ma vie et en tout cas jamais après la présidentielle», a-t-il expliqué avant de poursuivre: «Je vous rassure, je n'ai pas été une seule fois à l'Elysée, enfin j'ai été visiter Claude Guéant bien sûr, mais jamais Sarkozy.»

Une version qui diffère de celle donnée dans Le Contrat, le livre de Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme portant sur l'affaire Karachi. Interrogé à l'époque il avait déclaré: «Sarkozy est mon ami, OK ? Et depuis longtemps. Je l'ai rencontré en 1993 lors d'une soirée chez Léotard. Je l'ai aidé pour débloquer le contrat Miksa, j'ai organisé ses visites en Arabie saoudite. Je l'ai accompagné trois fois là-bas, une fois comme ministre de l'Intérieur, deux comme président de la République.» Puis il avait renchéri: «Je le vois toujours, Sarkozy, comme Claude Guéant d'ailleurs.»

 

C'est d'ailleurs avec Claude Guéant qu'il a géré toute l'affaire de la libération des infirmières bulgares. Ziad Takieddine a ainsi expliqué qu'il avait demandé à Claude Guéant si «le patron était intéressé»pour qu'il apporte son aide. «La réponse fut: "Oui bien sûr", a-t-il poursuivi. Je lui ai dit: "Laissez-moi travailler là-dessus et je vous offre la solution dans les mois qui viennent et j'ai offert la solution à M. Guéant. C'était préparé avant les élections de 2007.»

À la question: «Vous appelez donc Nicolas Sarkozy "patron" ?», M. Takieddine a simplement répondu: «Claude Guéant l'appelle "le patron", je suis obligé de l'appeler comme ça», avant de poursuivre sur le dossier des infirmières bulgares: «C'était un lundi, mardi, on voit les responsables, ils s'aperçoivent que c'est bon. J'ai dit: "Mais qui va les sortir ces nurses ?" Guéant me dit: "Kouchner, le ministre des affaires étrangères". Je lui dit que c'est pas la meilleure solution, c'est pas possible, Kouchner ça passe pas ici. Je pense qu'il vaut mieux qu'on ait une femme et j'ai une idée: "Pourquoi pas Mme Sarkozy ?" C'est moi qui ai eu l'idée. Une demi-heure après, Kadhafi est d'accord, il préfère.» Ziad Takieddine a ajouté qu'il avait donc demandé à Claude Guéant s'il pouvait convaincre Cécilia Sarkozy de venir chercher les infirmières elle-même. Proposition qui, on le sait, a été acceptée.

 

Mais la relation entre les deux hommes remonte bien plus loin, alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l'intérieur, et Claude Guéant son directeur de cabinet. «Pourquoi j'ai été au ministère de l'intérieur ? Parce que quand Sarkozy est revenu au ministère de l'intérieur en 2002, il avait Guéant en secrétaire (sic). Le contrat Miksa (ndlr - un vaste contrat avec l'Arabie saoudite) était en train de traîner.» Ziad Takieddine affirme avoir expliqué à Claude Guéant «que l'Arabie saoudite ne veut plus traiter avec la France tant qu'elle est dirigée par Chirac». Guéant le lui aurait confirmé et ils auraient alors fait ensemble trois voyages en Arabie saoudite.

«Je ne suis pas attaché à Sarkozy. Je ne le connais pas, je l'ai vu pour la première fois, c'était pour traduire une conversation entre lui et son homologue en Arabie saoudite à la demande de l'Arabie saoudite et, la deuxième fois, je l'ai vu avec Philippe Séguin qui était son ami aussi et que je connaissais beaucoup», a encore indiqué Ziad Takieddine.

Interrogé sur le contrat Agosta, la vente de sous-marins au Pakistan dont la justice soupçonne qu'elle a donné lieu à des rétrocommissions pouvant avoir servi à financer la campagne d'Edouard Balladur, M. Takieddine a été pour le moins contradictoire.

Dans un premier temps, il a assuré n'avoir «rien fait avec le contrat Agosta» et qu'il n'y a «eu aucune relation entre moi et le Pakistan ou entre moi et Agosta»«Je demande qu'on produise le contrat qui a été fait entre la France et le Pakistan pour Agosta. Où je ne suis pas dedans», a-t-il ajouté.

Avant d'enchaîner: «J'ai une demande, j'ai une suggestion, parce que je connais la dignité de cette personne, je la connais, je le connais pas lui, je connais la dignité de la personne, qui a contrôlé toute mon action depuis 1993 à aujourd'hui. C'est la dignité de la France, qui est bafouée aujourd'hui. Je dis au président de la République, je lui suggère: "Arrêtez tout de suite, puisque vous êtes garant de la Constitution, arrêtez tout de suite et levez le secret de l'instruction, notamment sur Agosta, et notamment sur Sawari II", pour qu'on arrête, qu'on crève l'abcès, et qu'on arrête de parler de n'importe quoi sur n'importe quoi. Franchement, il lui appartient de faire ça tout de suite, dans les 24 heures. C'est digne, il est digne, il le fera.»

Mais juste après, le marchand d'armes a semblé bien plus au fait du contrat pakistanais. «Arrêtez de regarder ce contrat du côté des rétrocommissions, a-t-il lancé à la journaliste. N'oubliez pas les familles. Beaucoup de choses ont fait que ce contrat a été un tout petit peu mal exécuté.» «Il y a une responsabilité de l'Etat, et de la société de l'Etat, les deux savaient que des perturbations»avaient eu lieu dans ce contrat.

Ziad Takieddine n'avait donc rien à voir dans le contrat, il ne connaît pas le Pakistan, mais il sait en revanche que ce contrat a été mal mené et impute directement l'attentat qui a couté la vie à des Français de la DCN à des erreurs de l'Etat français. «Vous n'avez rien fait Monsieur l'Etat», a-t-il encore indiqué avant de s'en prendre à l'avocat des victimes, Me Olivier Morice, accusé de n'avoir rien fait non plus...

Sur le contrat Sawari II, la vente par la France de frégates à l'Arabie saoudite, M. Takieddine a reconnu son rôle d'intermédiaire, mais en le cantonant au versant saoudien du contrat. «Ma mission, c'était une normalisation des relations un tout petit peu détériorées entre la France et l'Arabie saoudite», a-t-il déclaré, précisant qu'il s'agissait d'un contrat qui a «donné lieu à 35.000 emplois en France»«Je n'ai touché aucune commission sur le contrat Sawari II», a-t-il ajouté, précisant peu après: «J'ai encaissé tous mes honoraires de l'Arabie saoudite.»

commentaires

Haut de page