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Publié par christian guittard


SOURCE de l'ARTICLE  :  Observatoire des sondages


Les sondages sont basés sur les autodéclarations. Jusqu’où peut-on faire confiance aux sondés ? Cette confiance est d’habitude si grande qu’elle confine à la naïveté. Du moins fait-on comme si. On n’apprend pas grand-chose de ces sondages où les gens sont heureux, sont bons citoyens, ne commettent pas ou très peu d’infractions, etc. Qu’attendait le gouvernement des enquêtes lancées sur l’identité nationale ? Une inévitable enquête fut commandée à TNS Sofres que vint présenter l’un de ses directeurs dans une conférence de presse du ministre de l’Immigration (5 février 2010). « Pour 76 % de Français, il existe une identité nationale française ». On est rassuré. Quant aux autres questions de ce sondage réalisé en ligne sur un échantillon de 1000 personnes sélectionnées dans un panel d’internautes, elles ne sont pas très édifiantes. Au moins peut-on penser qu’elles ne causent aucun mal. Tout au plus le gouvernement gaspille-t-il l’argent public.

La crédulité peut avoir des conséquences graves. Ainsi s’est-on rendu compte que l’évaluation de systèmes d’armement pouvait être biaisée par la chaîne d’évaluation qui allait du pilote, qui avait tendance à surestimer la performance de l’arme comme si elle était la sienne, de son supérieur qui lui aussi surévaluait la performance déjà surévaluée de son subordonné et ainsi de suite en remontant la chaîne jusqu’à l’instance de décision. Une arme censée être redoutable se révélait peu efficace. Cela a l’avantage de tuer moins de monde mais l’inconvénient de contribuer à faire perdre les guerres.

A l’appui de la critique de l’invasion de la mesure en toutes choses, on citera une curieuse enquête récente sur la taille des pénis. Les Français arrivaient en tête d’un classement européen (Cf. Sexe : les Français les mieux membrés de l’Union). Tous les commentateurs ne furent pas dupes puisque certains évoquèrent le mode d’évaluation qui supposait que les hommes concernés mesurent eux-mêmes l’objet et déclarent le résultat. Il n’était pas sûr qu’on puisse leur faire confiance et les écarts pouvaient révéler plus une image de soi qu’une taille objective. Cette enquête n’était pas faite dans le cadre du débat sur l’identité nationale même si elle aurait pu y trouver sa place, mais faisait suite à une commande de l’industrie du préservatif. Or là aussi, la crédulité peut avoir d’heureuses ou tragiques conséquences dont rendent compte pour partie les courbes de natalité. On se gardera cependant d’inférer, comme il est habituel de le faire dans les commentaires des sondages, une corrélation avec le fait que la France vienne au premier rang de la fécondité en Europe.

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