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Sarkozy et l’«accord européen»: les dessous d’une supercherie

par christian guittard 15 Décembre 2011, 09:58 information

source et suite de l'article www.mediapart.fr par :  LUDOVIC LAMANT ET FRANÇOIS BONNET

Faut-il tuer l'Europe pour sauver quelques intérêts de campagnes électorales ? C'est la question qui devrait être désormais posée à Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, au vu des premières conséquences de l'accord européen obtenu le 9 décembre à Bruxelles, accord «de la dernière chance» censé sauver l'euro et éteindre la crise des dettes souveraines. Depuis le début de la semaine, l'euro est en chute libre, les banques européennes sont massacrées en bourse et le gouvernement prépare l'opinion à la perte du fameux triple A (lireici et ici).

 

Nicolas Sarkozy, le 9 décembre, conférence de presse.Nicolas Sarkozy, le 9 décembre, conférence de presse.© (Elysée.fr)
 

 

« Une autre Europe est en train de naître », a proclamé lundi avec emphase Nicolas Sarkozy dans Le Monde (à lire ici)« Les contours d'une véritable union politique commencent à se dessiner », a renchéri Angela Merkel ce mercredi devant les députés du Bundestag. Or quelques jours ont suffi pour montrer que le texte bouclé à Bruxelles n'est qu'une dangereuse supercherie.

Cet accord de principe n'a d'abord que peu de chances d'être traduit dans les formes juridiques d'un « traité intergouvernemental » d'ici mars 2012, comme le veut Nicolas Sarkozy. Il a encore moins de chances d'être ratifié dans les 26 pays membres de l'UE concernés. Il n'en a aucune d'être appliqué « à l'été 2012 », comme le souhaite le chef de l'Etat.

Alors que s'est-il donc passé à Bruxelles ? Plus qu'une énième gesticulation à l'adresse des marchés pour les convaincre de la« détermination » des dirigeants politiques, il s'agit essentiellement d'un hold-up du tandem Merkel-Sarkozy sur les institutions européennes. Pas pour l'Europe, mais pour les seuls intérêts de politique intérieure de la chancelière allemande et du président français. Au passage, la bruyante dénonciation de la Perfide Albion a ajouté à l'effet attendu...

Ce traité doit ainsi être compris pour ce qu'il est : un élément central de la campagne présidentielle de Sarkozy, le moyen aussi de masquer ses reculs successifs face aux demandes allemandes, un gage enfin donné par Angela Merkel à sa majorité conservatrice qui se prépare elle aussi aux législatives allemandes de l'automne 2013. 

En quatre points, voici le décryptage d'un accord qui se résume à un formidable exercice de communication.

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