Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Obsédé par les rétroviseurs, il en casse 81.

par christian guittard 18 Août 2012, 10:14 information

C'est un ancien cadre de banque qui arrive à la barre, habillé élégamment comme s'il sortait du travail.

Il lui est reproché d'avoir, en janvier et février 2005, cassé des rétroviseurs sur des véhicules en stationnement. Il en a cassé 81. Vous avez bien lu, 81 rétroviseurs qui se sont retrouvés bringuebalants le long des voitures. L'accusé, d'après lui, obéissait à des pulsions irraisonnées.

Il avait conscience de commettre un acte répréhensible, mais il ne pouvait pas se contrôler.

Il a sévit pendant deux mois dans les rue Aurillacoises. Il ne s'explique toujours pas ce comportement irrationnel. Il pense avoir été victime de T O C (trouble obsessionnel compulsif).

Il a été soulagé lorsque les policiers, après une enquête difficile, l'on prit en flagrant délit.

Il ne cherchait pas à se cacher pour commettre ses délits, il voulait être arrêté le plus vite possible.

A la barre, il s'interroge, mais il ne sait toujours pas ce qui l'a poussé à se déchaîner sur les rétroviseurs.

Il tente d'expliquer, qu'une vieille rancœur, liée à son parcours professionnel, est peut être à l'origine de ses T O C.

Depuis il a consulté son médecin traitant qui l'a aiguillé vers un psychologue. A ce jour il n'a pas récidivé.

Madame le Procureur de la République le classe comme délinquant compulsif. Elle insiste sur ce  dérapage à l'ordre public qui empoisonne la vie des victimes.

Elle demande que le verdict soit ajourné au mois de décembre pour voir, si à ce moment-là, les victimes seront bien indemnisées.

Son défenseur,  prend alors la parole pour mettre au crédit de son client un point positif à son comportement : avec humour il constate que celui-ci a fait travailler les garages d'Aurillac.

Il souligne que le prévenu a déjà remboursé des victimes et qu'il a versé 10 000 euros en vue des prochaines indemnisations.

Il se lance alors dans une recherche d'explications des TOC de son client.

Pour son avocat le rétroviseur permet de voir en arrière, peut être aussi dans le passé pour l'esprit de l'accusé. Celui-ci veut effacer un passé qui le taraude, alors il détruit ces rétroviseurs qui lui en suggèrent une représentation.

C'est sur cette analyse, digne des meilleurs psychologues, qu'il termine sa plaidoirie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

commentaires

Haut de page