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Mediator, le médicament scandale de Servier

par christian guittard 19 Novembre 2010, 15:35 information

source et suite de l'article www.mediapart.fr

écrit par Michel de Pracontal

C'est l'histoire d'un médicament qui a procuré à son fabricant un chiffre d'affaires de 1 milliard d'euros bien qu'il ait rendu malades ou tué plus de patients qu'il n'en a guéri ! Le Mediator, mis sur le marché en 1976, était l'un des produits phare des laboratoires Servier, deuxième groupe pharmaceutique français. Indiqué comme «adjuvant au régime chez les diabétiques en surcharge pondérale», il n'a jamais fait la preuve de son efficacité dans le traitement du diabète. Il a pourtant été régulièrement consommé par 200.000 à 300.000 patients par an, occupant le 44e rang des ventes de médicaments, juste après la Ventoline.

 

Au total, quelque 2 millions de patients auraient recouru au Mediator en France, 20 à 30% l'ayant utilisé comme coupe-faim. Depuis novembre 2009, le Mediator a été retiré de la vente. Il présente un risque avéré de valvulopathie – maladie des valvules cardiaques qui peut entraîner un risque létal. Une étude universitaire citée par l'Afssaps, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (à lire ici)  évalue entre 500 et 1000 le nombre de décès imputables au Mediator.

 

 

Il se peut que le bilan réel soit encore plus lourd, aucune étude systématique d'épidémio-pharmacologie n'ayant encore été menée. Aujourd'hui, l'avocat Charles Joseph-Oudin, défenseur de douze personnes qui ont porté plainte contre Servier, dénonce un «scandale sanitaire majeur». Après avoir été un best-seller pharmaceutique, le Mediator pourrait être au centre d'une affaire plus grave que celles des hormones de croissance.

Pourquoi ? Tout simplement parce que le médicament des laboratoires Servier aurait dû être retiré de la vente depuis au moins sept ans! Dès 2003, des médecins espagnols décrivent dans la Revista Española de Cardiologiaun cas de valvulopathie associée au benfluorex, la molécule active du Mediator. Cette publication met fin à la carrière du Mediator en Espagne, puis en Italie. Mais pas en France, bien que le produit soit français. Or, le cas espagnol aurait dû être considéré comme décisif, car il ne faisait que confirmer des soupçons que l'on pouvait nourrir dès la fin des années 1990. Et même avant...

Comme c'est souvent le cas dans les affaires de risque médical, la chronologie joue ici un rôle crucial. Au début des années 1990, le professeur Gérald Simonneau, du CHU Antoine-Béclère, signale un risque d'hypertension artérielle pulmonaire – maladie rare et très grave – associé à la prise d'Isoméride. Ce médicament, commercialisé lui aussi par Servier, est un dérivé amphétaminique utilisé comme coupe-faim. C'est un produit à succès, vendu dans de nombreux pays, notamment en Amérique du Nord où il porte le nom commercial de Redux.

commentaires

Michel J. Cuny 25/09/2011 21:18



Bonjour,
Ecrivain, je viens de publier un livre qui prend appui, pour sa première moitié, sur les auditions réalisées à propos du Médiator par la mission d’information du Sénat, et sur le rapport de
l’IGAS. La seconde moitié analyse les positions et le rôle des industries du médicament…


Je vous laisse découvrir, si vous le souhaitez, les grandes lignes du contenu de cet
ouvrage, à travers l’adresse internet ci-dessous, non sans vous indiquer que le professeur Jean-Pierre Bader (l’une des personnes auditionnées) a réagi à cette présentation en écrivant dans son
blog: « Je crains d’être tout à fait d’accord avec vous.»
Avec mes cordiales salutations,


Michel J. Cuny


http://unesanteauxmainsdugrandcapital.hautetfort.com/


 



karite 07/05/2011 02:00



Bien sûr, le fabricant est sans doute coupable de dissimulation de données. Mais je me refuse à croire que ce patron ait, en toute connaissance de cause et délibérément, laissé sur le marché un
produit dont il connaissait la dangerosité. Je me refuse à croire que ce dirigeant dont la mission est d’alléger la souffrance humaine et de faire reculer la mort soit complice de ces crimes,
avec l’unique mobile d’engranger des bénéfices.

M’est avis, si crime il y a, qu’il profitait surtout à d’autres, bien peu précautionneux envers la vie des autres et bien à l’abri derrière leurs bureaux, leur statut ou leurs irréprochables
fonctions. Qui ? Aucune idée mais l’avenir le dira peut-être.



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