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Publié par christian guittard

08 Avril 2011

par Michel de Pracomtal

source et suite de l'article : www.mediapart.fr

Voici une note qui contredit sur toutela ligne la version des faits défendue depuis le début de l'affaire du Mediator par lesresponsables de l'Agence du médicament et de la pharmacovigilance.

En octobre 1995, le directeur de l'Agencedu médicament, Didier Tabuteau, écrivait au directeur général de la santé,Jean-François Girard, pour lui demander d'interdire le Mediator dans lespréparations magistrales, celles faites par les pharmaciens. Motif de cette demande : le produit commercialisépar Servier risquait d'être utilisé comme anorexigène. Tabuteau précisait aussique la «sécurité d'emploi» du Mediator faisait l'objet d'unesurveillance par les centres de pharmacovigilance. Cela est écrit dans une note de 25lignes, datée du 23 octobre 1995, et retrouvée par la mission d'information surle Mediator que préside le député Gérard Bapt.

Pourtant, depuis qu'a éclaté le scandale, tous lesresponsables de l'Agence du médicament et de la pharmacovigilance ontaffirmé avec constance que le Mediator n'étant pas classé comme anorexigène,ils n'avaient pas fait la relation entre ce médicament et les coupe-faims dangereux. Ainsi, le professeur Jean-Michel Alexandre, qui était en 1995directeur de l'évaluation à l'Agence du médicament, a-t-il soutenu devant lesenquêteurs de l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) que leMediator n'était pas un anorexigène mais «un antidiabétique mal étudié»...

Rappelons qu'en mai 1995, l'Agence dumédicament décidait d'encadrer sévèrement les prescriptions d'anorexigènes, enraison du risque d'hypertension artérielle pulmonaire associé à ces produits.Ce risque avait été établi par une étude de pharmacovigilance française et parune étude cas-témoin internationale dite IPPHS, dirigée par le professeurLucien Abenhaim, dont les résultats avaient été divulgués en mars 1995.

Les mesures prises en mai 1995 consistent,d'une part, à réserver les anorexigènes aux patients strictement obèses (IMCsupérieur à 30) et à imposer que la première prescription soit faite par unservice hospitalier spécialisé ; d'autre part, à interdire lesanorexigènes dans les préparations magistrales (médicaments fabriqués enofficine par le pharmacien pour un patient précis). Dix molécules sontconcernées : l'Isoméride et le Pondéral, les deux coupe-faims du groupeServier, et huit autres produits dérivés de l'amphétamine. Le Mediator, malgréson étroite parenté avec l'Isoméride, n'est pas évoqué. Le professeur Alexandres'en est expliqué devant la mission de Gérard Bapt : «Le benfluorex nefigurait pas dans l'IPPHS. Nous n'avions aucune donnée. Nous ne pouvions pas leclasser comme anorexigène.»

Mystérieusement, un arrêté du 25 octobre1995 élargit la liste des substances interdites dans les préparationsmagistrales à une quarantaine de molécules, parmi lesquelles le benfluorex,principe actif du Mediator. A partir de cette date, ce dernier mène donc une double vie: vendu en tant que spécialité dans le traitement de l'obésité etdu diabète, il est exclu des potions concoctées par les pharmaciens. Situationque les inspecteurs de l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales)chargés d'enquêter sur le Mediator résument ainsi dans leur rapport : «Dansle même temps où le benfluorex est interdit dans les préparations magistralespar la DGS parce qu'il est un anorexigène, sa commercialisation reste autoriséesous forme de spécialité pharmaceutique par l'agence du médicament parce quecelle-ci ne le considère pas comme un anorexigène

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