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Publié par christian guittard

source photo : www.arpete.com/corep/retraite/

Sauvegarde Retraites dénonce le pillage en règle des caisses de l'Agirc-Arrco par l'Etat au profit de l'Ircantec, caisse de retraite complémentaire des fonctionnaires contractuels et des élus locaux.


A l'heure où les plus hautes autorités de l'Etat s'affirment résolues à réformer notre système de retraites,Sauvegarde Retraites lève un lièvre énorme : l'Etat organise un pillage en règle des caisses complémentaires des salariédu privé (Cnav/ Agirc-Arrco), dont l'avenir est pourtant loin d'être assuré, afin de "sécuriser" le régime des fonctionnaires contractuels et des élus (Ircantec). Et ce pillage porte sur plusieurs milliards d'euros !
Tous les ans, L'Agirc-Arrco versera un tribut à l'Ircantec et, ce, jusqu’à l’aube du prochain siècle. En tout, ce seront plusieurs milliards qui seront extorqués.
 
Rappelons que le régime Ircantec des fonctionnaires et des élus locaux est bien meilleur que celui des salariés du privé. Or, au lieu de mettre fin à cette iniquité, l'Etat puise dans les caisses du privé, pourtant exsangues, afin de garantir, coûte que coûte, les avantages des fonctionnaires et des élus. C'est prendre aux pauvres pour donner aux riches...

Comparaison Ircantec / Agirc-Arrco
 
 
 
Taux de cotisation
Rendement
Ircantec
5,63 %
10,70 %
Agirc-Arrco
9,50 %
6,59 % (Arrco) à 6,70 % (Agirc)
 
 
Pour mettre en œuvre ce plan honteux, l'Etat prend prétexte du changement de statut de La Poste, qui devient une société anonyme (SA). Les nouveaux embauchés de cette entreprise publique seront donc affiliés à l'Agirc-Arrco plutôt qu'à l'Ircantec. Or, les administrateurs de l'Ircantec estiment avoir un droit de propriété sur les futurs salariés de La Poste et réclament, à ce titre, de 6 à 8 milliards d'euros. 

On croit rêver ! Ainsi, lorsque tout va bien (beaucoup de nouveaux cotisants, peu de retraités), les régimes spéciaux peuvent profiter pleinement et sans partage de la situation pour maintenir les privilèges de leurs affiliés. En revanche, au moindre accroc, les autres régimes, beaucoup moins bien lotis, doivent leur porter assistance même s'ils sont eux-mêmes au bord du gouffre et que la retraite de leurs affiliés est moins bonne.
 

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HERVE 10/10/2010 18:44





Agirc-Arrco Mise au point



lundi 15 mars 2010, par Jean-Luc CASSI





Suite à un article du Point, un texte circule partout en France, et au Technocentre Renault à Guyancourt en particulier : "Agirc-Arrco : main basse sur nos retraites".


La source de cet article est un des animateurs d’un collectif, spécialisé dans la dénonciation des "privilèges" des fonctionnaires, des salariés d’EDF, des élus, des "technocrates
Européens",etc.. Ce collectif prône le remplacement de la retraite par répartition par une retraite par capitalisation.


Cet article dénonce : " l’État s’apprête à « piquer » dans la caisse des retraités du privé pour alimenter celle du public. C’est un pillage en règle. L’opération doit
consister à siphonner plusieurs milliards d’euros dans les caisses complémentaires des salariés du privé (Agirc-Arrco), pour alimenter le régime des fonctionnaires contractuels et des élus
(Ircantec)"


Les informations obtenues d’un membre du conseil de surveillance d’APRIONIS (institution paritaire qui gère les retraites complémentaires AGIRC-ARRCO) corrigent ces assertions :


En fait, l’Ircantec est une caisse de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’état, des hôpitaux, des collectivités locales (dont les élus), c’est à dire des salariés, de plus
en plus nombreux, qui sont précaires et qui n’ont aucun droit dans la fonction publique. la valeur du point est effectivement plus élevé, mais le nombre de points est plus faible, et
présenter ces salariés précaires comme des privilégiés est fort de café. La dernière reforme de l’Ircantec a encore aggravé la situation des précaires de la fonction publique.


Les divers régimes de retraites ont des situations variées, selon principalement le rapport entre cotisants et retraités sur leur périmètre, ce qui nécessite des transferts entres caisses. En
effet, certains secteurs ont beaucoup plus de retraités que d’actifs (ex les mineurs, toutes les mines ont fermé). A l’inverse s’il existait un régime spécifique pour les informaticiens, il
serait très excédentaire, car il y a évidemment beaucoup plus d’actifs que de retraités dans l’informatique. Avec la privatisation de la poste, les cotisations des postiers, actuellement
gérés par l’Ircantec (depuis 1990), vont basculer sur Agirc Arrco, tandis que les retraites des postiers restent à la charge de l’Ircantec (loi du 12 janvier 2010). Il y a en contrepartie une
contribution ("soulte") de l’Arrco-agirc vers l’Ircantec pour compenser.


Les principaux transferts entres caisses de retraites (chiffre 2006)
 entre caisses
salariés et non salariés : 5 milliards des caisses salariés (excédentaires) vers les caisses non salariés (déficitaires) (principalement au profit des exploitants agricoles (4,2
milliards), et des commerçants artisans (1,4 milliards), les professions libérales étant par contre excédentaires de 0,5 milliards) Sur ces 5 milliards : les "régimes spéciaux"
(fonctionnaires, edf, sncf, statutaires des collectivités locales, mineurs....) sont globalement contributeurs de 2,5 milliards, et le régime général est contributeur de 5 milliards, le
régime des salariés agricoles est déficitaire de 2,5 milliards (au global 5 + 2,5- 2,5 = 5)
 entre caisses
de salariés : Collectivités locales (+ 2,5), fonctionnaires (+ 1,6), EDF (+0,1), Cheminots (- 0,3), Marins (-0,3), Mineurs (-1), Salariés agricoles (-2,2) Ces transferts sont
essentiellement le résultat des différences entre la composition de la population des retraités et la composition de la population active d’aujourd’hui (moins d’agriculteurs, de petits
commerçants, de mineurs...qu’il y trente ou quarante ans). En résume, contrairement aux idées nauséabondes qui circulent, ce n’est pas "ces fainéants de fonctionnaires grévistes qui vivent
aux crochets de gens comme vous et moi qui se lèvent tôt pour aller travailler et gagner un salaire de misère à la sueur de leur front". Ce serait même plutôt les transferts des caisses de
fonctionnaires (entre autres) qui financent les retraites de commerçants. Nous, on trouve ces transferts entre caisses normaux. C’est la SOLIDARITE. La communauté des actifs financent les
retraites des anciens. Qui feront pareil pour nous.


Rappel sur les principes du financement des retraites :


Contrairement à une idée répandue, ce sont évidemment les cotisations d’aujourd’hui qui financent les retraites d’aujourd’hui. Ce ne sont pas les cotisations de monsieur Dupont en 1970 qui
financent la retraite de monsieur Dupont en 2010 !
 La cotisation
de Monsieur Dupont, mineur de charbon, actif en 1970 a contribué à financer en 1970 la retraite de Monsieur Durand, retraité en 1970 et ancien employé à l’allumage des réverbères au gaz
(métier disparu en 1970), .
 La retraite
2010 de Monsieur Dupont, ancien mineur de charbon, est financée par les cotisations 2010 de Mr Dutoit, informaticien Le calcul de la retraite 2010 de monsieur Dupont à partir des
cotisations passées de monsieur Dupont (que ce soit un calcul basé sur des années (Edf), des trimestres, ou des points), est un mode de calcul artificiel du niveau de revenus de monsieur
Dupont, retraité, et rien d’autre.


Ce système a un gros avantage pour les libéraux, (particulièrement le système de points) : monter les gens les uns contre les autres (les professions, les catégories, les sexes, les
immigrés, les jeunes....) encourager les jalousies et casser les solidarités, en faisant croire à chacun qu’il finance sa propre retraite. Et préparer les esprits à la retraite par
capitalisation (mettre de l’argent de coté pour ses vieux jours)


La retraite par capitalisation c’est quoi :
 Monsieur
Dutoit, en 2020, donne de l’argent à sa banque pour son placement "épargne retraite"
 Monsieur
Durand, en 2020, reçoit de l’argent de sa banque de son placement "épargne retraite"


Ce sont toujours les versements de Monsieur Dutoit, en 2020, qui financent la retraite de Monsieur Durand, en 2020. Cela ne change rien aux financements des retraites : ce sont toujours
les actifs de 2020 qui financent les retraites des retraités en 2020. Avec cependant une grosse différence avec la retraite par répartition : la rémunération du capital au
passage.


En effet, les versements 2020 de Monsieur Dutoit deviennent un capital. Le système financier se rémunère au passage. La retraite que touche monsieur Durand, ce sont les versements de Monsieur
Dutoit, moins les profits prélevés au passage. Monsieur Dutoit, qui croit financer sa future retraite, finance en fait celle de Monsieur Durand, retraité, ... et la banque ... donc le
capitalisme.


Face à la crise financière, on a trouvé le moyen de détourner l’attention sur l’objectif le plus important  : la lutte pour la justice sociale. C’est une technique vieille comme le
monde : diviser pour régner. Surtout, il leur faut trouver des boucs émissaires, créer des « nous » et des « eux