Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les nominations de l’Elysée sont devenues des oscars

par christian guittard 29 Octobre 2012, 18:23 information

source et suite de l'article www.mediapart.fr par :  LAURENT MAUDUIT

Ce sont décidément de curieuses nominations auxquelles procède François Hollande pour tous les postes économiques importants. Écartant tous les hauts fonctionnaires attachés à l’intérêt général mais n’intriguant pas dans un club parisien ou un réseau mondain, il donne presque toujours la priorité à des personnalités dont les attaches sont à droite ou proches des milieux d’affaires. Après le sarkozyste Jean-Pierre Jouyet, qui a décroché la Caisse des dépôts et consignations (CDC), puis un haut fonctionnaire de droite, Nicolas Dufourcq, qui a été promu patron de la future Banque publique d’investissement (BPI), ce serait le chiraquien Augustin de Romanet qui devrait être porté dans les prochains jours par l’Élysée à la présidence d’Aéroports de Paris, l’un des « fromages » les plus convoités de la République.

C’est le magazine Challenges qui vient de révéler la possible promotion d’Augustin de Romanet à la présidence d’Aéroports de Paris, en remplacement de Pierre Graff, qui a atteint la limite d’âge légale de 65 ans et dont le mandat arrive à échéance le 11 novembre. Mediapart a obtenu confirmation de cette information de plusieurs sources : le chef de l’État devrait effectivement prendre dans les prochains jours ce décret de nomination.

Si cela se confirme, il s’agirait d’une promotion stupéfiante. L’usage républicain veut certes qu’une nouvelle majorité ménage les hauts fonctionnaires qui ont servi l’équipe précédente. On pourrait supposer que c’est à ce titre qu’Augustin de Romanet, directeur général de la CDC sous Nicolas Sarkozy, devrait bénéficier des bonnes grâces de la gauche. Mais dans le cas présent, il n’en est rien ! Même discrètement, l’ancien chef de l’État n’a formulé aucune demande en ce sens auprès de son successeur, pour la bonne raison qu’il a toujours entretenu des relations… détestables avec l’ex-patron de la CDC, qui avait été promu par Jacques Chirac.

En vérité, celui qui a joué les éminences grises dans cette histoire, c’est Frédéric Salat-Baroux, secrétaire général de l’Élysée sous Jacques Chirac et qui, depuis, est même devenu son gendre. Selon de bonnes sources, il s’est en effet beaucoup dépensé ces dernières semaines pour tenter de convaincre des conseillers de l’Élysée qu’Augustin de Romanet méritait cette promotion.

Selon ces mêmes sources, Frédéric Salat-Baroux, qui est devenu avocat, avait de bonnes raisons pour plaider la cause d’Augustin de Romanet : du temps où ce dernier était patron de la CDC, il avait obtenu de nombreux mandats de l’institution financière et de certaines de ses filiales, ce qui lui avait permis d’empocher de confortables honoraires. Toujours est-il – et c’est cela qui est étonnant –, que ce travail de lobbying auprès de l’Élysée a marché : en haut lieu, on s’est pris à penser que les chiraquiens, même si politiquement ils ne pèsent plus rien du tout, ont tout de même appelé en coulisses à voter en mai dernier contre Nicolas Sarkozy et que cela méritait au moins une récompense discrète. Cette petite récompense, c’est donc Augustin de Romanet qui devrait en être gratifié.

commentaires

Haut de page