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Publié par christian guittard

10 Juin 2010 Par 


 (source et suite de l'article www.mediapart.fr)

 

Alors qui ? Claude Perdriel, Denis Olivennes, Le Nouvel Observateur, le groupe espagnol Prisa, Pierre Bergé, Matthieu Pigasse, Xavier Niel, de Benedetti, Ringier, Lagardère en embuscade, l'Elysée au téléphone et le groupe Orange en outsider... Manœuvres, rumeurs, pressions, batailles de chiffres: les médias suivent désormais à la loupe le processus de vente du Groupe-Le Monde, puisque c'est bien d'une vente qu'il s'agit même si sa direction appelle cela du terme technique de«recapitalisation».

 

 

La direction assume parfaitement ce choix de vendre ce qui est encore, malgré ses crises à répétition, le quotidien d'information le plus influent du pays. Eric Fottorino, directeur du journal et président du directoire du groupe, le revendique même! «La recapitalisation était programmée depuis deux ans, dès mon arrivée à la tête du directoire», a-t-il expliqué (interview au «JDD», cliquez ici). Première surprise: qu'un journaliste du Monde se fixe cette mission, vendre le journal qui l'emploie.

La deuxième surprise en découle. Pendant que tous les médias se focalisent sur l'identité du ou des futurs propriétaires, une question simple mais pourtant fondamentale n'est pas posée: mais pourquoi donc faut-il vendre Le Monde?

 

Cette question, plusieurs journalistes du quotidien se la posent, même si elle n'est à l'ordre du jour d'aucun des débats et assemblées générales prévus ces jours-ci (la société des rédacteurs du Monde s'est réunie ce jeudi après-midi). Certains estiment que le seul souci de la direction est de trouver des actionnaires qui la maintiendront en place. D'autres assurent que les responsables de la société des rédacteurs se sont résolus à cette vente sans chercher d'alternatives.

 

Mediapart a détaillé (notre précédent article en cliquant ici) l'ampleur des difficultés financières du Groupe-Le Monde: crise de trésorerie en juillet, 60 à 80 millions d'euros à trouver, une centaine d'autres probablement à investir pour se débarrasser du fardeau d'une imprimerie ruineuse et obsolète. La crise financière aiguë de l'ensemble du groupe est bien là: signifie-t-elle à tout coup la vente du quotidien ?

 

Car il faut bien prendre la mesure de cet événement. La vente de ce journal n'est pas qu'une «page qui se tourne», comme l'écrit platement son directeur à la Une du journal (cliquez ici). C'est un séisme, une rupture fondamentale dans la presse française. Personne ne peut contester que le sort du Monde est l'affaire de ses seuls actionnaires de référence aujourd'hui, donc de ses journalistes. A eux de décider bien sûr. Mais on ne peut pas plus contester que leur choix engagera un peu plus que leur seul avenir.

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