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La «grande peur» agitée par Sarkozy, une vieille ficelle

par christian guittard 20 Octobre 2011, 10:31 information

source et suite de l'article www.mediapart.fr

par MARINE TURCHI

Lundi, lors de son intervention télévisée sur TF1 et France-2, Nicolas Sarkozy jouera «la grande peur». L'idée lui a été soufflée par les grands banquiers de son entourage. Pour l'emporter en 2012, il faut ébaucher le scénario de l'apocalypse. Un «discours de vérité»sur la crise, une crise économique et sociale «sans précédent depuis 1929» que lui seul, capitaine dans la tempête, saurait gérer.

C'est là son unique chance de décrocher un deuxième mandat. Car chez nos voisins européens, tous les gouvernements sortants ont été battus. Ou bien durement sanctionnés, à l'image d'Angela Merkel, dont la coalition enchaîne les échecs électoraux, après avoir perdu sa majorité au Bundesrat en mai 2010.

La députée Valérie Rosso-Debord, chargée de l'animation des conventions pour le projet UMP, nous l'avait dit, à sa manière: «La baseline, c'est le président protecteur.» C'est d'ailleurs le slogan affiché lors des grands-messes du parti présidentiel. L'actualité fournit à l'Elysée quelques perches. D'ici le sommet européen du 23 octobre, à Bruxelles, Paris et Berlin doivent se mettre d’accord sur un plan de sauvetage des banques. Le 18 octobre, la note AAA de la France a été mise sous surveillance par l'agence Moody's.

«Notre destin se joue dans les dix jours», a déclaré Nicolas Sarkozy au petit déjeuner de la majorité, mardi. Rien que cela. «La crise systémique peut avoir des conséquences graves, il faut faire un tableau réaliste de la situation», a-t-il demandé aux responsables UMP.

Puis, en déplacement à Nice, dans la journée, il a enfilé le costume de «père de l'Europe» et fait de l'échéance de dimanche «une affaire de guerre et de paix», comme le raconte sur son blog le journaliste du Monde, Arnaud LeparmentierEvoquant la«réconciliation franco-allemande», «un choix que nul ne doit remettre en cause», le président a estimé que «la France seule ne résistera pas». «Laisser détruire l'euro, c'est prendre le risque de détruire l'Europe» et celui de faire resurgir des «conflits sur notre continent», affirme-t-il désormais, livrant sa feuille de route:«Réduire nos dépenses, réformer ce qui a besoin de l'être, investir dans la formation et l'innovation, c'est comme cela qu'on protégera les Français.»

La veille, sur France Inter, son conseiller spécial, Henri Guaino, avait commencé à distiller l'idée de l'apocalypse: «Le contexte est dramatique comme il ne l'a jamais été»; nous vivons dans «une période de crise extraordinaire dont va émerger un monde nouveau»  (voir la vidéo).

 

«Occupons-nous de la France, occupons-nous des Français, occupons-nous du monde qui va naître», a-t-il répété, car nous traversons «des crises géopolitiques», «une crise économique», «financière» et «une crise du nucléaire». Et «toutes ces crises», assure-t-il, font l'objet «d'une attention constante du président de la République». «Il faut protéger les Français», ont également martelé les responsables UMP lors de la convention dédiée au démontage du PS.

 

Face à ce tableau sombre, François Hollande – «la gauche molle»selon l'UMP – est présenté comme incapable de résorber la crise (lire les «éléments de langage» de l'UMP). «Je ne crois pas que la modération soit une vertu dans la période que nous traversons», a dit Guaino. «La France n'a pas besoin aujourd'hui d'un magicien, mais de quelqu'un de solide et courageux qui protège les Français», a estimé Xavier Bertrand. «Il y a un temps pour le rêve, maintenant il y a un temps pour le principe de réalité», a dit François Fillon au 20 heures de France-2.

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