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Publié par christian guittard

source et suite de l'article www.mediapart.fr

21 Juillet 2010 Par 

Elle n'a pas flanché. Entendue pour la première fois vendredi 16 juillet par une juge indépendante, l'ex-comptable des Bettencourt, Claire Thibout, a maintenu ses déclarations compromettantes sur un possible financement illégal de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 et sur l'existence, au sein de la maison des Bettencourt, à Neuilly-sur-Seine, d'un système de remise d'enveloppes d'argent en espèces destinées à «certains politiques en campagne électorale».

Face à la juge Isabelle Prévost-Desprez, Mme Thibout a aussi raconté comment elle était devenue, en quelques heures, la proie d'un harcèlement judiciaire et policier d'une rare intensité après les révélations de Mediapart sur le sujet, le 6 juillet. «J'ai eu la sensation d'être traitée comme l'ennemi public n°1», a expliqué l'ancienne employée des époux Bettencourt à la magistrate.

Présidente de la XVe chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre, la juge Prévost-Desprez a été autorisée la semaine dernière, par la cour d'appel de Versailles, à mener ses propres investigations sur l'affaire Bettencourt après la divulgation du contenu d'enregistrements clandestins réalisés, entre mai 2009 et mai 2010, au domicile de Liliane Bettencourt par son ancien majordome.

Les investigations de la juge sont conduites en parallèle avec les enquêtes préliminaires menées sur la même affaire par le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, avec qui Mme Prévost-Desprez entretient des rapports exécrables. Différentes enquêtes sur la même affaire au sein du même tribunal, menées par deux magistrats qui se détestent ouvertement: la situation est sans précédent.

 

 

Eric Woerth
Eric Woerth© Reuters
Lors de son audition par la magistrate, Claire Thibout a d'abord été longuement interrogée sur les soupçons d'abus de faiblesse qui pèsent sur le photographe François-Marie Banier, accusé par la fille de Liliane Bettencourt d'avoir dépouillé sa mère d'une partie de son patrimoine. Il s'agit là du volet familial de l'affaire Bettencourt. Mais Claire Thibout s'est également épanchée sur ce qui constitue aujourd'hui l'aspect le plus explosif du dossier, à savoir un possible financement illicite de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy il y a trois ans.

 

L'ex-comptable a ainsi confirmé avoir été sollicitée début 2007 par le gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt, Patrice de Maistre, qui lui aurait réclamé 150.000 euros en espèces pour les remettre à Eric Woerth, et ce afin de financer – illicitement – la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. «Contrairement à André et Liliane Bettencourt qui ne me disaient rien sur l'affectation des espèces, Patrice de Maistre m'avait demandé 150.000 euros en espèces pour les remettre à Eric Woerth. J'ai évidemment compris que c'était pour la campagne des présidentielles», a assuré Claire Thibout sur le procès-verbal, dont Mediapart a pu prendre connaissance.

 

Déjà interrogée par les policiers de la brigade financière le 5 juillet (puis par Mediapart dans la foulée) sur ces faits, Claire Thibout a expliqué à la juge s'être «trompée» sur la date précise de cet événement qu'elle avait situé en «mars-avril 2007» devant les enquêteurs. «Je me suis trompée de date en fait, j'ai retrouvé tout ça dans mon agenda 2007, à la date du 18 janvier 2007 j'ai inscrit "rendez vous madame Bettencourt pour donner enveloppe qui donnera à Patrice".» La comptable a pris soin de venir avec une copie de son agenda qu'elle a remis à la juge, comme l'indique une annexe du procès-verbal d'audition.

Questionné par Mediapart mercredi matin 21 juillet, Me Antoine Gillot, l'avocat de Mme Thibout, a révélé que les policiers, qui ont réentendu sa cliente mardi (notamment sur une somme de 100.000 euros en espècesretirée par la comptable en décembre 2006 à la demande de la milliardaire), avaient saisi de leur côté un agenda de Liliane Bettencourt attestant que cette dernière «avait rendez-vous "un quart d'heure" avec Claire Thibout et Patrice de Maistre, le 18 janvier 2007, à la même heure que celle indiquée par (sa) cliente».

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