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PAR MARTINE ORANGE

Les contes arabes nous l'ont appris: si les mauvais génies sortent de leur bouteille, ils dévastent tout sur leur passage, et personne ne sait quand ni comment les renfermer à nouveau. La crise financière semble arrivée à ce stade. Pas une mesure, pas une décision ne trouve grâce aux yeux des marchés financiers. La spéculation se déchaîne contre tout, à un rythme de plus en plus trépidant.

L'accord sur la dette américaine est tout juste signé que déjà les mêmes, qui réclamaient l'austérité, s'inquiètent des effets sur la croissance. Le sommet européen du 21 juillet, censé organiser le sauvetage de la Grèce et endiguer les risques de contagion, lui, n'a pas tenu huit jours. Dès la semaine dernière, les premières tensions sont réapparues, nourries par les prédictions de l'agence de notation Moody's sur l'Italie et l'Espagne, et par les affirmations du ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, avertissant que «l'Allemagne n'allait pas signer de chèque en blanc». Le suspens sur le relèvement de la dette américaine a momentanément interrompu la pression. Mais dès mardi, la spéculation s'est remise à l'ouvrage.


Dans la journée, les taux sur la dette espagnole et italienne, désormais liées dans un même destin, ont atteint de nouveaux sommets. Le rendement des obligations espagnoles à 10 ans a culminé jusqu'à 6,40%, celui des obligations italiennes 6,25%. Les deux pays sont désormais au-dessus du seuil jugé critique des 6%, la zone rouge, qui a déjà conduit la Grèce, l'Irlande, le Portugal à faire appel à l'aide européenne et du FMI pour se financer.
 
Et l'accalmie ne semble pas près de se dessiner. Sur les marchés des CDS (credit default swap), que l'Union européenne avait juré d'encadrer après la chute de Lehman Brothers, la spéculation a rebondi: le risque de crédit sur l'Italie a augmenté de 24 points de base en une journée pour atteindre 355 points, celui de l'Espagne a progressé de 32 points pour arriver à 418 points. En clair, pour assurer pendant un an 10 millions de dettes espagnoles, la prime est de 418.000 dollars. La fièvre commence même à gagner la France, les CDS sur la dette française atteignant 125 points de base contre 5 points de base avant la crise.

Tous les radars européens sont en alerte. Le premier ministre espagnol, José Luis Zapatero, a annoncé qu'il différait ses vacances pour suivre la situation. Le ministre espagnol des finances est en train d'organiser une réunion avec ses homologues européens. De son côté, le gouvernement italien a convoqué dans l'après-midi une réunion du comité de stabilité financière, qui regroupe toutes les institutions financières du pays, afin de faire le point. De nouvelles mesures d'économies, après un premier plan de 48 milliards d'euros voté en juillet, devraient être présentées au parlement demain. 

Dans l'après-midi, la Commission européenne a tenté de répliquer, maladroitement, comme d'habitude. «La question d'un sauvetage(pour l'Italie et l'Espagne) n'est certainement pas sur la table, ce n'est pas une question qui est discutée», a soutenu la porte-parole du commissaire aux Services financiers. «Ce qui est important, c'est que les autorités prennent les mesures nécessaires en matière de consolidation fiscale. Nous sommes confiants» sur ce point, a-t-elle ajouté, estimant que la situation n'a pas «changé dans les derniers jours», ni à Madrid, ni à Rome.

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