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L'Etat ordonne le retrait d'une plaque en mémoire d'Ali Ziri

par christian guittard 31 Janvier 2012, 14:16 information

source et suite de l'article www.mediapart.fr par LOUISE FESSARD

Suite aux pressions de syndicats de police, le préfet du Val-d'Oise a ordonné hier au maire d'Argenteuil de retirer une plaque, déposée le 14 janvier 2012 par un collectif, en mémoire d'Ali Ziri, un retraité algérien, décédé en juin 2009 après son interpellation.

« Pour l’Etat, la plaque constitue une atteinte à la présomption d’innocence, précise le cabinet du maire d'Argenteuil, cité ce matin par Le ParisienL’Etat menace la ville d’un recours devant le tribunal administratif si nous n’y donnons pas suite. »

D'après Ludovic Collignon, représentant du syndicat Alliance Police dans le Val-d'Oise, le ministre de l'intérieur Claude Guéant se serait empressé d'annoncer la « bonne » nouvelle à ce syndicat, proche de la droite, lundi soir au Paradis latin, un cabaret parisien du Vearrondissement. « Le ministre de l'intérieur nous a annoncé que le maire avait accepté le retrait de la plaque lors d'un entretien avec le préfet lundi », affirme Ludovic Collignon.

Mais selon le cabinet du maire, joint mardi matin, « la Ville n'a pas encore pris cette décision, une réunion avec le maire à ce sujet devant avoir lieu cet après-midi ».

L'objet de la polémique est l'inscription portée par la plaque, dévoilée le 14 janvier par monseigneur Gaillot et à l'initiative du collectif vérité et justice pour Ali Ziri : « Ali Ziri, 69 ans, mort le 11 juin 2009, suite à son interpellation par la police nationale, ici même. »

 

Interpellé le 9 juin 2009 par trois policiers, Ali Ziri était tombé dans le coma le soir même et était décédé le 11 juin. La commission nationale de déontologie de la sécurité avait évoqué un « traitement inhumain et dégradant » et deux expertises médicales lient la mort d'Ali Ziri à l'utilisation de techniques de maintien sur un homme âgé et fortement alcoolisé (2,4 grammes par litre).

La dernière, en date du 15 avril 2011, concluait à « un épisode hypoxique (une diminution de la quantité d'oxygène apportée aux tissus - ndlr) en rapport avec les manœuvres d'immobilisation et les vomissements réitératifs ». Des techniques de maintien (le «pliage» notamment) récemment pointées du doigt dans la mort de Wissam El-Yamni à Clermont-Ferrand.

Malgré ces rapports mettant en cause le rôle des policiers, le parquet de Pontoise a requis en décembre 2011 un non-lieu. Le juge d'instruction, qui n'a jamais entendu les trois policiers interpellateurs, doit encore se prononcer sur un éventuel non-lieu, qui mettrait fin à toute poursuite.

La plaque, autorisée par un arrêté du maire PS d'Argenteuil, Philippe Doucet, était donc selon la Ville «provisoire», en l'attente de la décision de la justice.

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