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l'Elysée en travers de la justice dans l'affaire Bettencourt

par christian guittard 31 Août 2011, 16:07 information

 PAR FRANÇOIS BONNET source et suite de l'article www.mediapart.fr

Nicolas Sarkozy pensait l'incendie éteint. Il ne l'est pas. L'affaire Bettencourt est bel et bien, comme nous l'écrivons depuis de longs mois, un scandale d'Etat qui menace le cœur même de cette présidence.

 

Isabelle Prévost-Desprez.Isabelle Prévost-Desprez.© (dr)
Dans une démarche inédite, qui dit en creux combien la justice n'a cessé d'être humiliée par Nicolas Sarkozy, c'est au tour d'une juge de monter au front et de dénoncer. Dans le livreSarko m'a tuer, que publient le 1er septembre, Fabrice Lhomme, collaborateur de Mediapart avant de rejoindre Le Monde au mois de mai, et Gérard Davet, également journaliste auMonde, la magistrate Isabelle Prévost-Desprez raconte par le menu les pressions et manœuvres répétées du pouvoir et l'affolement qui a saisi le clan sarkozyste devant les développements de cette affaire.

 

Présidente de la 15e chambre du tribunal de grande instance de Nanterre, la juge avait été chargée le 13 juillet 2010 d'un supplément d'information sur l'ensemble de l'affaire Bettencourt. Après des mois d'affrontements avec le procureur Philippe Courroye, elle a été dessaisie, l'ensemble du dossier étant transféré, à l'automne 2010, au tribunal de Bordeaux où les informations judiciaires sont aujourd'hui toujours en cours.

 

Dès l'été 2010, Mediapart avait raconté par le menu la mobilisation des proches de Nicolas Sarkozy pour brider l'enquête judiciaire en cours. Nous avions en particulier souligné le rôle décisif joué par le procureur Philippe Courroye, soumis au pouvoir, menant ses enquêtes préliminaires selon son bon vouloir, et dont plusieurs procédures ont depuis été cassées.

 

 

Nicolas Sarkozy et Philippe Courroye.Nicolas Sarkozy et Philippe Courroye.© Reuters
Nous avions dénoncé ce qui s'est apparenté à un coup d'Etat judiciaire, notant : « La menace sur le pouvoir politique est telle (présomptions de financements illégaux, de trafic d'influence, de prise illégale d'intérêts, de concussion) qu'un dispositif d'exception est en train de se mettre en place sous nos yeux. » Dans le même temps, les deux principaux syndicats de magistrats (USM et SM) comme la plupart des associations de magistrats et d'avocats faisaient savoir leur indignation. Et un Appel pour une justice indépendante et impartiale recueillait sur notre site plus de 30.000 signatures.

 

 

C'est aujourd'hui au tour de la magistrate qui fut directement en charge de détailler les manœuvres du pouvoir. « Ce procès représentait pour l'Elysée un risque majeur, dit-elle à nos deux confrères, il y avait 90% de chances pour que ce soit déflagratoire. Il fallait me faire dessaisir, par tous les moyens. Il était impératif de me débarquer.»

 

 A l'appui de son propos, la magistrate donne deux types d'exemples.

 

Le premier a trait aux pressions exercées sur les témoins quand il s'agit d'évoquer des financements politiques illégaux de Nicolas Sarkozy.« Ce qui m'a frappée dans le supplément d'information que j'ai conduit, c'est la peur des témoins, dit-elle. Ils étaient effrayés de la violence avec laquelle Claire Thibout (l'ex-comptable de Liliane Bettencourt - ndlr) avait été déstabilisée, ils ne voulaient pas connaître son sort .»

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