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Karachi: un fantôme aux portes de l'Elysée

par christian guittard 29 Octobre 2011, 12:16 information

source et suite de l'article www.mediapart.fr

 FABRICE ARFI

Un protagoniste inattendu et insaisissable a surgi dans l'enquête des juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire sur les dessous des ventes d'armes du gouvernement Balladur. Il s'agit d'un fantôme. Son nom : Akim Rouichi, mort il y a seize ans. Comme l'a révélé Le Point de cette semaine, ce militant associatif de Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise) avait été chargé d'espionner des membres de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur pour le compte des réseaux chiraquiens, en 1995, selon des témoignages recueillis ces dernières semaines par les policiers de la Division nationale des investigations financières (Dnif).

 

Akim Rouichi avait-il fait des découvertes sur Nicolas Sarkozy et sur d'autres ministres du gouvernement Balladur? Son frère, François Rouichi, qui a décidé de briser plus de quinze ans de silence, le laisse entendre aujourd'hui à Mediapart.

 

 

A. RouichiA. Rouichi© (dr)
Ancien responsable de l'UMP à Garges-lès-Gonesse, François Rouichi assure qu'il avait surpris, en 1995, une conversation de son frère avec l'un de ses "officiers traitants" des Renseignements généraux (RG) durant laquelle il évoquait«l'autre de Neuilly», avant de citer son nom – Nicolas Sarkozy –, comme étant impliqué dans les troubles dessous financiers des ventes d'armes du gouvernement Balladur. Et il rapporte que son frère avait alors fait état de l'existence d'une société au Luxembourg, surnommée «la tirelire», qui aurait été liée à M. Sarkozy.

 

Auteur d'écoutes téléphoniques clandestines compromettantes pour plusieurs personnalités du camp Balladur – écoutes que les enquêteurs recherchent activement depuis plusieurs jours –, Akim Rouichi a été retrouvé pendu en août 1995 au domicile de l'une de ses sœurs, à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis).

 

A rebours des conclusions de la police et de la justice, sa famille n'a jamais cru que le jeune homme s'était donné la mort. Elle continue aujourd'hui de penser qu'il a été "suicidé", peut-être à cause des missions secrètes dont il a été chargé en pleine guerre homérique entre deux clans de la droite, les chiraquiens et les balladuriens.

 

D'après les éléments recueillis par les policiers, Akim Rouichi aurait été "traité" par deux anciens agents des services de renseignements français, l'un aux RG, l'autre à la DST, qui travaillaient en sous-main pour le clan Chirac. Pour mener à bien sa mission clandestine, il s'était vu confier tout l'attirail du parfait espion : scanner fréquentiel, numéros des téléphones portables visés, codes de déchiffrement pour les appareils cryptés et les agendas des "cibles".

Le jeune homme serait ainsi parvenu à surprendre pendant plusieurs mois les conversations de François Léotard, alors ministre de la défense du gouvernement Balladur, de son conseiller spécial Renaud Donnedieu de Vabres, de Charles Pasqua, ministre de l'intérieur, de l'ancien patron de Thomson, Alain Gomez, et de Jacques Douffiagues, ancien président d'un office d'armement, la Sofresa, récemment décédé.

Voici notre entretien vidéo avec François Rouichi :

 

 

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commentaires

fred 24/11/2011 18:26




et selon le point du 22/11 cela se précise


La police des Finances cherche à retrouver des écoutes téléphoniques sur le téléphone personnel du ministre de la Défense de l'époque, François Léotard, remontant à 1994. 



Les enquêteurs de la Division nationale des investigations financière (DNIF), en charge des différents aspects de l'affaire Karachi recherchent activement des copies d'écoutes téléphoniques effectuées en 1994.
 


Ces enregistrements clandestins
auraient été réalisées par un jeune homme, Akim Rouichi, qui aurait, à l'aide d'un matériel perfectionné - un scanner relié à un ordinateur portable - intercepté de nombreuses conversations
tenues, depuis son téléphone de voiture, par François Léotard, alors ministre de la défense. Des conversations qui pourraient concerner les éventuelles rétro-commissions destinées à financer la campagnes électorale d'Edouard Balladur et le montage financier
qui aurait été mis en place afin de récupérer l'argent.  


Akim Rouichi, aurait été manipulé par une "officine" dont les responsables lui aurait, outre le matériel informatique, confié les fréquences du téléphone du ministre afin de rendre possible
l'interception des communications. Il aurait ensuite été chargé par ces mystérieux commanditaires de populariser auprès de la presse les conversations compromettantes. Ce qu'il n'a pas réussi à
faire (voire interview ci-dessous). Se sentant abandonné par ses mentors, Rouichi s'était ensuite retourné vers l'équipe d'Edouard Balladur qu'il avait directement contacté. Une note interne
saisie récemment par la police témoigne de ce contact.  


Quelques mois plus tard, en août 1995, Akim Rouichi avait été retrouvé pendu. L'enquête menée à l'époque avait conclu à un suicide. Une thèse qui laisse perplexe les policiers de la Financière
qui ont récupéré l'ensemble de la, rapide, procédure menée alors. D'autant que, ni l'ordinateur du jeune homme, ni les disquettes sur lesquelles il copiait les dizaines de conversations
enregistrées par ses soins n'ont été retrouvées. Le frère d'Akim Rouichi a pourtant pu confier aux policiers quelques feuillets manucrits sur lesquels le jeune homme avait retranscrit une des
communications du ministre de la Défense.  


Les enquêteurs ont, par ailleurs et comme l'avait révélé
Le Point, lancé deux perquisitions chez deux anciens responsables policiers, l'un des RG l'autre de la DST suspectés d'être les mentors du jeune homme. Entendus par les enquêteurs de
la DNIF ces deux anciens fonctionnaires ont nié tout lien avec cette affaire.  


D'autres témoins de l'époque ont également été convoqués par la DNIF, dont Laurent Chabrun, journaliste à L'Express. Les policiers ont recueilli sa déposition vendredi dernier. Il répond à nos
questions. 



L'express: Dans quelles circonstances avez-vous rencontré Akim Rouichi?  


Laurent Chabrun: "Akim Rouichi m'avait, en 1994, appelé au téléphone. Je travaillais, alors, dans un quotidien. Il souhaitait me rencontrer discrètement. Je m'étais rendu dans une cité de la
banlieue Est de Paris et il m'avait entrainé dans un appartement totalement vide et sans électricité dont il avait les clefs. Il m'avait alors expliqué qu'il détenait des enregistrements
compromettants de conversations téléphoniques de responsables politiques dont François Léotard.  


Etait-ce crédible? 


Je dois dire que cela semblait tout à fait impossible et j'ai cru avoir affaire à un affabulateur. Mais, pour prouver ses dires il m'a fait écouter, sur son ordinateur portable, quelques-unes
de ces conversations et j'ai, alors, distinctement reconnu la voix de François Léotard qui, depuis sa voiture, s'entretenait avec l'un de ses conseillers...  


Que s'est-il passé ensuite? 


J'avoue que j'ai été sidéré par le fait que ce jeune homme puisse intercepter les communications du ministre de la Défense. J'en ai conclu qu'il n'était pas le véritable auteur de ces écoutes
et que des services spécialisés, des officines, le manipulaient. J'en ai également conclu qu'on cherchait à m'entrainer dans cette manipulation. Je n'ai donc pas donné suite à cette affaire. Je
n'ai appris son "suicide" que bien plus tard et j'avoue que je me suis, alors, interrogé sur les causes et les circonstances de ce décès."  

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