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Publié par christian guittard

 

18 Juin 2010 Par 

Fabrice Lhomme (source et suite de l'article www.mediapart.fr)


Le 13 septembre 2008, sous le titre«Ventes d'armes : la corruption au cœur de la République», Mediapart révélait l'existence d'une piste politico-financière susceptible d'expliquer l'attentat commis à Karachi en mai 2002. C'est sur la base de cet article que le juge antiterroriste Marc Trévidic a, dans la foulée, relancé son instruction, obstinément centrée par son prédécesseur Jean-Louis Bruguière sur Al-Qaïda. Notre article commençait par cette phrase: «Une bombe dort au pôle financier du tribunal de Paris».

 

Vendredi 18 juin, la « bombe » a explosé. Du moins symboliquement. Cette déflagration-là ne fera (en tout cas il faut l'espérer) ni mort ni blessé, contrairement à l'attaque-suicide qui a coûté la vie, voilà huit ans, à quinze employés de la Direction des constructions navales (DCN), dont onze Français, et en estropia quelques autres... Politiquement, en revanche, son écho risque de résonner jusque dans les couloirs de l'Elysée.

 

En effet, d'après l'avocat des familles des victimes de l'attentat, Me Olivier Morice, qui s'est exprimé vers 13 heures dans la salle des criées du palais de justice de Paris, le juge Trévidic, qui venait de recevoir les parties civiles, «a confirmé sans équivoque possible l'existence de rétrocommissions illicites en expliquant qu'il démontrait cela notamment par les propres documents internes de DCN». Selon Me Morice, le magistrat a ainsi confirmé que «la seule piste crédible était la piste financière».

 

«La piste que le juge Trévidic privilégie est celle d'infractions financières qui auraient permis à un certain nombre d'hommes politiques de bénéficier de rétrocommissions illicites», a martelé l'avocat, entouré des membres du Collectif des familles des victimes et de rescapés de l'attentat.

 

L'information est considérable. Si, en juin 2009, le juge Trévidic – qui a pris l'engagement de faire un point sur l'enquête avec les familles chaque année – avait provoqué un premier électrochoc en qualifiant de «cruellement logique» la piste financière, il a été beaucoup plus loin vendredi matin. Car les choses sont claires, désormais: l'hypothèse suivant laquelle l'attentat serait lié au versement de commissions occultes en marge de la vente de trois sous-marins au Pakistan en 1994, qualifiée de « fable » par Nicolas Sarkozy l'année dernière au détour d'une conférence de presse surréaliste à Bruxelles, est bien celle privilégiée par le magistrat.

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