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Publié par christian guittard

 

source et suite de l'article www.mediapart.fr

22 Septembre 2010 Par 

 

Ce pouvoir est prêt à tout pour durer, y compris à exploiter la menace terroriste pour s'imposer au pays. Des Roms expulsés aux attentats annoncés, la folle accélération de l'agenda présidentiel depuis qu'a surgi l'affaire Bettencourt est une alerte définitive pour tous les opposants à une présidence qui renie notre République démocratique et sociale. Ce n'est pas en 2012 qu'ils ont rendez-vous avec le pays mais maintenant : seule la mise en échec aujourd'hui de ce pouvoir incendiaire, grâce à une mobilisation massive de la société, peut garantir un sursaut électoral demain.

Sinon, le pire n'est pas exclu. Car nous n'avons peut-être encore rien vu. Peut-être qu'il ne suffit plus à cette présidence d'avoir appauvri la nation au profit de ses clientèles oligarchiques et d'avoir privatisé la République jusqu'en ses menées policières. Peut-être qu'il lui faut maintenant aller encore plus loin dans la transgression, la fuite en avant et la perte de repères, pour cette simple raison que son imposture et son échec sont devenus trop visibles. Peut-être qu'elle compte désormais sur la violence des événements pour légitimer durablement sa propre violence politique et sociale, ancrer dans la réalité cette pédagogie hystérique qui est sa marque de fabrique, traduire en actes définitifs son incessante brutalisation de la société. Peut-être qu'elle attend, tout simplement, un attentat.

Oui, un attentat. Ou, tout au moins, son ombre et sa crainte – et mieux vaudrait, évidemment, que ce ne soit que cela. Car l'horloge du sarkozysme est devenue une machine infernale qui n'annonce que tensions et violences, exacerbations et virulences, peurs et craintes. Nous eûmes donc, en quelques jours à peine, la contre-réforme des retraites imposée à la hussarde en même temps que de nouvelles régressions de l'Etat de droit, notamment pour les étrangers; une opposition parlementaire brutalement privée de parole, démunie et désemparée, en son lieu d'expression naturel, l'Assemblée nationale; la presse espionnée dans son travail légitime d'information du public alors même que la justice reste en partie entravée dans l'affaire Bettencourt; les confédérations syndicales et partenaires sociaux ignorés et humiliés malgré leur unanime protestation; l'Europe transformée en bouc émissaire d'un nationalisme xénophobe initié par l'Etat français, à l'encontre d'un peuple européen, hier victime du génocide nazi, les Roms; la magistrature accablée et dépréciée au grand dam de la garde des Sceaux par un ministre de l'intérieur lui-même condamné pour injure raciale, etc.

Et voici maintenant que débarque la menace terroriste dont on imagine aisément qu'elle est une invite à clore les querelles, oublier les différends et taire les revendications. La séquence offerte la semaine passée par ce pouvoir hors de ses gonds a été si folle qu'on n'a pas immédiatement prêté attention au surgissement de ce nouveau refrain, entonné crescendo par les zélotes de cette présidence. Que l'on s'entende bien: il n'est pas exclu que cette menace soit bien réelle et nous n'osons croire qu'on puisse, en haut lieu, l'exagérer. Mais ce qui est inhabituel, c'est sa mise en scène, organisée et planifiée, autour de quelques acteurs du premier cercle présidentiel. En ces matières, il n'est pas fréquent d'entendre un pouvoir diffuser alarme, inquiétude et angoisse parmi ses administrés au lieu de les rassurer par sa sereine détermination. De plus, le recours fréquent de cette présidence aux diversions insécuritaires, illustré cet été par le discours de Grenoble et par la chasse aux Roms, autorise que l'on interroge cette brusque médiatisation d'une montée des périls.

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