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Europe: trois acteurs, trois échecs

par christian guittard 3 Novembre 2011, 16:03 information

source et suite de l'article www.mediapart.fr par

 FRANÇOIS BONNET

Ce devait être à Cannes une triomphale montée des marches au Festival du G20. Nicolas Sarkozy l'avait pensé comme tel, préparant depuis des mois cette réunion qu'il accueille, la France ayant cette année la présidence du G20. Mais que les grands engagements pris en janvier, lors d'une conférence de presse du chef de l'Etat, semblent lointains et périmés (ici notre article de janvier)... Cannes devrait désormais ressembler à une nouvelle séance de bricolage : tenir quelques jours, publier des communiqués qui aussitôt jauniront, et s'en remettre au prochain rendez-vous...

 

Mercredi soir à Cannes.Mercredi soir à Cannes.© (dr)

 

Nicolas Sarkozy n'a plus de chance avec les agendas. Il avait été contraint de différer de quelques jours son émission télévisée, la semaine dernière, dans l'attente d'un conseil européen extraordinaire. Cette fois, la crise grecque devenue crise politique européenne vient effacer l'ordre du jour du G20. Demain soir, encore une fois présent sur les deux principales chaînes de télévision (TF1 et France-2 l'accueillent dans leur JT de 20h), et avec Barack Obama comme partenaire, le président ne manquera pas de montrer combien il est un vrai président. Tellement président qu'il ne peut que continuer à l'être après 2012...

Mais cet exercice de communication ne pourra masquer l'échec déjà acté. Au G20, le grand « accord » européen du 27 octobre – de sauvetage de la Grèce mais, au-delà, de mise en sécurité de la zone euro – devait être triomphalement présenté aux Etats-Unis, à la Chine et aux autres grands acteurs de la planète (Brésil, Inde, Russie, Afrique du Sud, entre autres).

 

Or cet accord n'existe plus depuis l'annonce par le premier ministre grec de sa volonté d'organiser un référendum. Et ce qui s'est produit mercredi soir à Cannes, lors d'une réunion à trois Merkel-Sarkozy-Papandréou, montre l'ampleur du désastre.

 

Couché ou dehors ! C'est l'alternative qui a été présentée par le couple franco-allemand au premier ministre au cours d'une réunion décrite comme très tendue (la vidéo de la conférence de presse est ici). La dramatisation n'est pas cette fois qu'une mise en scène. Car la Grèce est clairement sur la voie d'une sortie de l'euro. C'est d'ailleurs peu ou prou la formulation de la question qui sera posée aux Grecs lors du référendum qui devrait se tenir le 4 décembre : voulez-vous ou non que la Grèce sorte de la zone euro ? 

 

«Ce n'est pas seulement une question sur un programme, c'est la question de savoir si nous voulons ou pas rester dans la zone euro. C'est très clair, et cela doit l'être pour tout le monde», a convenu M. Papandréou à la sortie de cette réunion. « Je crois que le peuple grec veut que la Grèce reste dans la zone euro et je crois que ce référendum le montrera. Je veux dire que nous aurons un "oui" », a-t-il ajouté.

 

 « C'est aux Grecs et à eux seuls de décider s'ils veulent continuer l'aventure avec nous», a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande. «L'euro doit conserver sa stabilité, de préférence avec la Grèce que sans, mais le devoir de garder un euro stable est notre mission première», a prévenu Angela Merkel, faisant le choix de la protection de ce qui ressemble de plus en plus à un euro-mark plutôt que de réinventer des solidarités européennes. Pas question de renégocier l'accord du 27 octobre: le «paquet» est à prendre ou à laisser.

 

Très loin d'un G20 devenu largement inutile, c'est donc un calendrier politique différent qui s'est enclenché à Athènes. Tandis que le sommet s'achèvera, vendredi, les députés grecs commenceront à débattre du vote de confiance au gouvernement puis de l'opportunité d'un référendum.

 

Ce vote est loin d'être acquis et l'horizon laisse maintenant entrevoir deux solutions qui, toutes deux, brisent les ambitions sarkozystes : un référendum ou des élections anticipées en Grèce. Dans les deux cas, une impossibilité d'appliquer rapidement l'accord européen : ce sera « au mieux ». Au pire – mais est-ce le pire ? –, un défaut fracassant de la Grèce, une sortie de l'euro et un effet domino sur les quatre pays fragilisés de la zone euro, Italie, Espagne (les élections ont lieu le 20 novembre), Belgique et, pourquoi pas ?, la France.

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