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Publié par christian guittard

 

source et suite de l'article 

http://moreas.blog.lemonde.fr/2010/11/06/dcri-police-politique/

Pour un simple article publié dans un journal satirique, la délégation parlementaire au renseignement change son ordre du jour et auditionne deux responsables de la police nationale. Comme ses travaux sont placés sous le sceau du secret, le débat est à huis clos. Décidément, le secret-défense, c’est un peu comme une porte qu’on nous claque au nez…

jack-palmer-filature-par-petillon.jpgSurveillance des journalistes d’investigation, vols mystérieux à leur détriment, et maintenant les révélations du Canard enchaîné qui accusent  Nicolas Sarkozy d’avoir créé un faramineux cabinet noir. Un truc d’une telle envergure, que même François Mitterrand, dans ses rêves les plus paranoïaques, n’aurait jamais imaginé… Le Président de gauche disait : « Il n’y a pas de services d’écoutes à l’Élysée ». Le Président de droite, lui, préfère dire que cela ne le concerne pas.

Aussi, lorsque le ministre de l’Intérieur déclare : « Il n’y a pas de police politique dans notre pays », faut-il le croire ?

La DCRI (direction centrale du renseignement intérieur) : police politique au profit d’un homme et d’un parti - ou police républicaine au service de la France ?

Pour les spécialistes, une question s’est posée en 2008, lors de sa création : Est-il opportun de dissoudre deux services qui ont fait leurs preuves, les Renseignements Généraux et la Surveillance du Territoire, pour en faire une direction unique ?

Les RG sont nés en 1907. Ils pratiquaient ce qu’il est convenu d’appeler le renseignement ouvert. Et même si ce service traînait quelques casseroles célèbres, comme l’affaire du pasteur Doucé*, tout le monde reconnaît qu’il fonctionnait plutôt bien. Et ce ne sont pas les préfets (du moins s’ils avaient le droit de s’exprimer), qui diront le contraire. Bon nombre regrettent ces RG qui les informaient au jour le jour sur la vie de leur département, une sorte de baromètre qui permettait, parfois, de régler les problèmes avant qu’ils ne prennent de l’ampleur. Mais la prévoyance, tout comme la prévention, n’est plus de mise.

La DST est plus récente. Après la guerre, elle a succédé au « Contrôle général de la surveillance du territoire », créé en juin 1934, sans doute pour faire face aux premières gesticulations du petit bonhomme moustachu qui venait de prendre le pouvoir en Allemagne. Sa mission essentielle était de « lutter contre les activités d’espionnage et d’ingérence » sur le sol français. À la différence des RG, la DST était un service de police judiciaire compétent sur l’ensemble du territoire. Elle traînait également quelques casseroles, dont la plus connue reste la pose de micros dans les bureaux du Canard enchaîné. D’ailleurs, Claude Angeli, le rédacteur en chef de cet hebdomadaire, celui-là même qui vient de signer de graves accusations contre le Président,  a fait apposer une plaque commémorative dans son bureau, juste au-dessus du trou par lequel les « plombiers » envisageaient de faire passer les fils des micros.

Si l’on veut définir une police politique, il faut conjuguer deux critères : renseignement et répression.

Les RG à l’ancienne faisaient indéniablement du renseignement politique et social, mais n’avaient pas de pouvoirs de police judiciaire, sauf exception. La DST, elle, avait un véritable pouvoir répressif, mais ne faisait pas - en principe - de renseignement sur la politique interne du pays. Son objectif premier était le contre-espionnage. On peut dire, toutefois, que les événements de Mai-68 ont marqué un tournant. Plus tard, la lutte contre le terrorisme a changé la donne. Et il faut bien reconnaître que RG, DST et PJ se sont souvent marché sur les pieds, parfois au détriment de leur efficacité.

Cette concurrence peut-elle justifier la création de la DCRI ?

D’une certaine manière oui. Mais il ne s’agit en fait que de l’aspect visible d’un plan d’ensemble voulu par le président Sarkozy pour remanier en profondeur tout ce qui vise en France au renseignement et à la sécurité nationale.

On peut classer les services de renseignement en fonction de leur ministre de tutelle.

Pour l’Intérieur : La DCRI et la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP), dont on entend rarement parler.

Pour la Défense : La DGSE (direction générale de la sécurité extérieure), la DRM (direction du renseignement militaire) et la DPSD (direction de la protection et de la sécurité de la défense).

Pour les Finances : La DNRED (direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) et la cellule de renseignement financier, Tracfin.

Il s’agit là des services officiels. Existe-t-il d’autres structures plus secrètes ? Je ne sais pas.

L’intégration de la gendarmerie nationale dans le giron du ministère de l’Intérieur fait sans doute partie de ce raz-de-marée invisible qui a secoué depuis deux ans le petit monde de l’ombre.

Et, bien sûr, tout remonte à l’Élysée, via le coordinateur national du renseignement, Bernard Bajolet qui, à la tête d’une structure d’une petite vingtaine de personnes, est chargé de veiller à la bonne coopération des services spécialisés. Dans les faits, il conseille le Président, répercute ses instructions et chaque chef de service est tenu de lui rendre compte de son activité. C’est donc the big boss du renseignement

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