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Publié par christian guittard

source et suite de l'article www.mediapart.fr par :  KARL LASKE ET FABRICE ARFI

De nos envoyés spéciaux en Colombie

«Ici, c'est une vie saine. On fait des promenades, du sport, du cheval. C'est pas un lieu de turpitudes. C'est pas Saint-Tropez.» Thierry Gaubert tente de répondre à la question que tout le monde se pose. Pourquoi Nilo ? Pourquoi lui, le protégé de Nicolas Sarkozy, a-t-il choisi un petit village colombien, à 150 km de Bogota et 9.000 km de Paris, pour y construire la villa de ses rêves, la finca Cactus, en 2001. Pourquoi ? Si ce n'était pour la cacher. Dissimuler la propriété, en même temps que l'argent noir qui a servi à son édification et à son entretien.

 

 

La demeure colombienne de T. GaubertLa demeure colombienne de T. Gaubert© Mediapart

 

L'histoire professionnelle de Thierry Gaubert, qui doit être jugé prochainement à Nanterre dans un important scandale immobilier, est tissée de missions financières occultes. Sa femme, Hélène, a parlé en septembre aux juges de ses voyages en Suisse avec le marchand d'armes Ziad Takieddine, des remises de fonds en espèces à Nicolas Bazire, actuel n°2 du géant du luxe LVMH, durant la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, en 1995.

Elle a rappelé au passage que lorsqu'il « allait en Suisse avec Ziad Takieddine », son mari « travaillait au ministère du budget »...sous les ordres de Nicolas Sarkozy. Gaubert, Bazire et Takieddine sont aujourd'hui mis en examen par le juge Van Ruymbeke dans ce dossier.

 

Le 5 juillet, en faisant irruption dans les bureaux et au domicile de l'ami du président, les policiers français qui travaillent avec le magistrat vont faire une moisson de photos : stockées dans les ordinateurs, dans les boîtes mails ou des albums classiques. Ces clichés obtenus par Mediapart révèlent la Colombie secrète de Thierry Gaubert. La finca Cactus, soustraite depuis dix ans à la curiosité du fisc, apparaît au grand jour.

Un visiteur de marque, Ziad Takieddine, qui viendra deux fois, est aperçu sur l'un des clichés, ici en décembre 2002.

 

Z. Takieddine, à droite, un coupe-coupe à la main.Z. Takieddine, à droite, un coupe-coupe à la main.© dr

 

Il était logique qu'il vienne. A l'époque de cette photo, le marchand d'armes, qui a contribué à l'enrichissement de M. Gaubert, est devenu l'un des rouages du clan Sarkozy autour des marchés du ministère de l'intérieur. M. Takieddine invite lui-même beaucoupdans sa propriété du cap d'Antibes, le premier cercle du futur chef de l'Etat : outre M. Gaubert, ses amis Dominique Desseigne (patron du Fouquet's), Brice Hortefeux, Pierre Charon et Jean-François Copé.

En 2002, pour les fêtes de Noël, la finca Cactus attend un autre homme clé de ce réseau politique : Olivier Dassault, fils du célèbre avionneur, député UMP de l'Oise et administrateur de la Socpresse, la société éditrice du quotidien Le Figaro. Lors d'une randonnée, Takieddine et Dassault prennent la pose autour de Thierry Gaubert.

 

 

MM. Takieddine, Gaubert et Dassault. MM. Takieddine, Gaubert et Dassault. © dr

 

 

 

MM. Takieddine et DassaultMM. Takieddine et Dassault© drr

 

Simples photos de randonneurs ou flagrant jeu d'influence ? La question se pose. Comme Mediapart l'a déjà raconté, photos à l'appui, Etienne Mougeotte, le directeur des rédactions du Figaro, alors vice-président de TF1, avait été lui aussi plusieurs fois l'invité de M. Takieddine à des dîners organisés dans sa résidence parisienne, aux côtés de Charles Villeneuve, l'ancien animateur et producteur du Droit de savoir.

Malgré ses liens, M. Mougeotte avait défendu « l'objectivité » du traitement – autant dire l'absence de suivi... – de l'affaire Takieddine dans les colonnes de son quotidien.

 

La famille des propriétaires du Figaro a d'ailleurs déjà frayé avec Takieddine. Fréquemment invité à ses dîners, Thierry Dassault, le frère d'Olivier, patron de la branche «multimédia» de l'empire familial, avait investi dans la société Gemplus aux côtés du marchand d'armes. « Olivier Dassault, c'est un très bon ami, explique Thierry Gaubert. Il est venu avec sa femme et son fils, et je n'ai jamais fait d'affaires avec lui. »

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