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Publié par christian guittard

P hôtelier restaurateur et M son chef de cuisine se retrouvent à la barre du tribunal correctionnel pour expliquer un menu d'accusation copieux. Ils sont accusés de harcèlement, insultes, humiliations, vexations, violences physiques et mentales. Les violences de P ont entraîné une incapacité de travail de 8 jours à l'égard de la plaignante, âgée de 20 ans au moment des faits. Ces événements se sont produits de septembre 2003 à mai 2004.

Dans la cuisine de ce restaurant, les coups de gueule et les coups de pieds au « cul » sont apparemment monnaie courante. La plaignante était particulièrement visée. Les agresseurs, pendant une garde à vue à la gendarmerie du village, ont reconnus partiellement les faits reprochés. Le chef de cuisine M dit avoir été particulièrement choqué par cette contrainte et il aurait avoué des faits sous la pression exercée par les gendarmes.

Cette jeune fille, d’après P (le patron), n'était pas efficace. Il lui avait fait, néanmoins, un premier contrat CDD prolongé par un autre CDD de un an. Il regrette aujourd'hui de l'avoir embauchée. Mais comme il est selon lui « paternaliste » et qu'il l'avait trouvée « attachante » il avait espéré mener à bien une collaboration formatrice pour la plaignante.

En plus des coups, les insultes fusaient : « ta mère est une P... », « t'es un cas social », « t'es nulle », « tu ne vaux rien ».

D'après l'avocat de la plaignante la cuisine de ce restaurant « c'est l'enfer ». « On traite le personnel comme dans la légion au 19éme siècle, on casse la personnalité de l'individu ».

Plusieurs salariés, (présents au moment des faits ou plus anciens) ont témoignés en faveur de la plaignante.

Monsieur le Procureur de la République a demandé si de tels comportements étaient acceptables.

Il en conclu que l'ambiance était purement déplorable dans cet établissement. Les salariés allaient travailler « la peur au ventre ». Le souci de qualité de la cuisine ne doit pas contraindre le personnel à travailler dans un climat de terreur. « Les insultes sont éloquentes, c'est inadmissible de traiter son personnel comme ça ». Il rappelle les dires de M, suite à sa garde à vue, « On est humain, on est fragile » et lui indique « qu'il est inadmissible traiter les gens comme des chiens ».

Suite à ses réquisitions, il demande une condamnation pour P de 6 000 € d'amende et pour M de 4 000 € d'amende.

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