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PAR FABRICE ARFI ET KARL LASKE www.mediapart.fr

Source et suite de l'article

Un ancien dossier judiciaire mettant en cause le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, réclamé fin mars par le juge Renaud Van Ruymbeke pour les besoins de son enquête dans le volet financier de l'affaire Karachi, a récemment disparu des archives du tribunal de grande instance de Paris, selon des documents recueillis par Mediapart.

Le juge Van Ruymbeke cherche à déterminer depuis plusieurs mois si les fortes sommes d'argent liquide qui ont abondé de manière injustifiée les caisses de campagne du candidat Balladur proviennent de détournements de fonds opérés sur des ventes d'armes au Pakistan et à l'Arabie saoudite, conclues fin 1994 par le gouvernement de l'ancien premier ministre.  

 

E. Balladur
E. Balladur© Reuters
Dans un courrier adressé le 22 mars dernier au procureur de la République de Paris, le magistrat a demandé la communication d'une procédure judiciaire visant un ancien responsable de la sécurité des meetings du candidat Balladur, Olivier Michaud, qui certifiait avoir été rétribué pour ses services à hauteur de 5,3 millions de francs en espèces, exclusivement en grosses coupures de 500 francs.

 

L'enquête avait été ouverte par le parquet de Paris le 16 août 2001 et confiée à la Brigade des affaires sanitaires et des libertés publiques (BASPL). Les développements du dossier avaient été suffisamment sérieux pour nécessiter l'audition de l'ancien premier ministre et du trésorier de sa campagne, René Galy Dejean. Mais ils ne dépasseront pas le stade de l'enquête préliminaire.

A partir de mai 2002, le ministre de l'intérieur se nomme Nicolas Sarkozy ; celui de la justice Dominique Perben. Tous les deux sont d'anciens ministres du gouvernement Balladur – le premier au budget et le second aux départements et territoires d'outre-mer – et de fervents soutiens du premier ministre-candidat pendant la présidentielle de 1995.

Sous leur autorité, le dossier Michaud avait donc peu de chance d'être confié à un juge d'instruction indépendant. Il est d'ailleurs classé sans suite pour «infraction insuffisamment caractérisée» par le parquet de Paris le 12 juillet 2002.

Tag(s) : #information

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