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Attentat de Karachi: un nouveau rapport met à mal la thèse de l'attaque-suicide

par christian guittard 19 Mai 2011, 16:36 information

source et suite de l'article de Fabrice Arfi www.mediapart.fr

Il aura fallu attendre neuf ans. Un rapport d'expertise définitif, reçu le 9 mai par le juge antiterroriste Marc Trévidic, en charge de l'enquête sur les causes de l'attentat de Karachi du 8 mai 2002, met à mal la thèse d'une attaque-suicide, pourtant défendue pendant des années par les justices française et pakistanaise, ainsi que par les gouvernements des deux pays.

Rédigé le 30 avril par deux experts en «explosifs» et «déminage» du laboratoire central de la préfecture de police (PP) de Paris, Jean Vareille et Jean-Jacques Minet, ce rapport fragilise très sérieusement l'hypothèse de l'existence d'un kamikaze à l'origine de l'attentat de Karachi, qui a coûté la vie à quinze personnes dont onze ouvriers français de la Direction des constructions navales (DCN).

 

«Malgré l'absence de vestige du dispositif d'amorçage, les circonstances de l'explosion et les investigations sur site permettent de penser qu'il s'agit d'un système télécommandé, à radiocommande»,écrivent ainsi dans leurs conclusions les deux experts qui s'étaient rendus à Karachi quelques jours après l'attentat, du 12 au 16 mai 2002, mais n'avaient jusque-là versé au dossier judiciaire qu'un rapport d'étape non définitif. 

 

Mediapart publie l'intégralité de leur nouveau rapport :

 

 

 

Interrogés par le juge Trévidic le 21 mars sur les raisons de l'absence de rapport définitif dans le dossier judiciaire, les experts ont expliqué au magistrat qu'en 2002 ils avaient rédigé un pré-rapport et qu'ensuite «on ne nous a rien demandé d'autre». Le “on” évoqué concerne les deux premiers juges en charge de l'attentat de Karachi, Jean-Louis Bruguièreet Jean-François Ricard.

 

«J'avais eu un contact avec M. Ricard. Je lui ai indiqué que nous n'avions pas plus d'éléments que dans le rapport provisoire. Il m'a dit qu'il n'était pas nécessaire de poursuivre parce que tous les éléments qui lui étaient utiles étaient mentionnés dans le rapport provisoire», a expliqué M. Minet au juge Trévidic. 

 

Les deux ingénieurs de la PP parisienne confirment par ailleurs dans leur nouveau rapport ce qu'ils avaient déjà évoqué par le passé, à savoir que la charge explosive disposée dans la voiture (une Toyota Corolla) à l'origine de l'attentat de Karachi «pouvait être constituée d'un explosif industriel à usage militaire», à base de TNT. «D'autre part, la charge explosive mise en œuvre, très importante, traduisait une réelle détermination», observent-ils également.

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