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Alliot-Marie va jusqu’à proposer des policiers au régime tunisien!

par christian guittard 13 Janvier 2011, 09:23 information

source et suite de l'article de François Bonnet sur www.mediapart.fr

Le Parti socialiste y a mis le temps (lire notre précédent article) mais il est cette fois en ordre de marche : après quatre semaines d'émeutes en Tunisie, plus question de soutenir le régime de Ben Ali. Mardi, le porte-parole Benoît Hamon a assuré que « le PS condamne la répression ».

Mercredi matin, invité de I-télé, François Hollande était autrement plus direct. Tout en reconnaissant amitiés voire complaisances dans le passé, l'ancien premier secrétaire a tourné la page : «Quand, depuis tant d'années, nous sommes devant une dictature, peut-être même une dictature familiale (...), avec une répression dure, il n'y a pas d'indulgence.» Avant lui, Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste et président du groupe d'amitié France-Tunisie au Sénat, avait déploré «le silence des autorités françaises : je regrette que l'on se borne à quelques considérations générales disant que l'on est préoccupé. Nous ne pouvons pas accepter que des jeunes et des moins jeunes se fassent tirer dessus avec des balles réelles».

 

 

Visite de Nicolas Sarkozy à Tunis en avril 2008.
Visite de Nicolas Sarkozy à Tunis en avril 2008.© (dr)
Majorité et gouvernement ont donc parlé après les interpellations de la gauche. Et les réponses démontrent non pas l'embarras du pouvoir mais le soutien hors normes dont continue à bénéficier la dictature de Ben Ali à Paris, alors que l'ONU demande «des enquêtes crédibles et indépendantes». Ancien proche de Dominique de Villepin, dont il fut le directeur de cabinet au Quai d'Orsay, et nouvelle étoile du sarkozysme, leministre Bruno Le Maire a son explication sur l'insurrection tunisienne :«Le président Ben Ali est quelqu'un qui est souvent mal jugé car il a fait beaucoup de choses» pour son pays, a-t-il expliqué sur Canal+.

 

 

Mais c'est à l'Assemblée nationale, mardi, que le pire a pu être entendu en réponse à plusieurs questions de députés socialistes et communistes. N'ayant pas une parole pour les Tunisiens tués dans la répression, pas une remarque sur les tirs de militaires ou policiers sur la foule des manifestants,Axel Poniatowski, président (UMP) de la commission des affaires étrangères, a fixé la ligne du parti présidentiel : «La France doit exprimer ses préoccupations avec mesure.» Refusant de «s'ériger en donneurs de leçons», le député veut bien considérer «les aspirations de la jeunesse algérienne et tunisienne, mais nous ne pouvons pas non plus mésestimer toutes les difficultés des réformes à mener dans ces deux pays».

 

Sous les cris de plusieurs députés de gauche (dont Maxime Gremetz) – « Et la répression et les cinquante morts ? » Michèle Alliot-Marie, nouvelle ministre des affaires étrangères, a semblé revêtir treillis ou uniforme de ses anciens ministères de la défense ou de l'intérieur. Déplorant les violences, la ministre a soudainement proposé au régime tunisien la coopération de forces de sécurité françaises ! «Cela montre le bien-fondé de la politique que nous voulons mener quand nous proposons que le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type (...) afin que le droit de manifester soit assuré de même que la sécurité.»

 

 

 

 

Ceux qui croyaient à un égarement de la ministre en ont été pour leurs frais. Réinterrogée sur la situation tunisienne, elle a persisté : «L'apaisement peut reposer sur des techniques de maintien de l'ordre. J'ai fait part tout à l'heure de notre proposition, puisque nous avons des savoir-faire en la matière.» Le gouvernement propose ainsi des forces anti-émeutes tout comme il se solidarise un peu plus encore avec le président Ben Ali qui promettait il y a quelques jours «300.000 emplois», en annonçant une active participation à un forum pour l'emploi qui doit se tenir à Tunis les 3 et 4 mai (à lire l'intégralité des questions à l'Assemblée en cliquant ici).

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