Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Affaire Takieddine: la police enquête sur une ristourne fiscale de Copé

par christian guittard 7 Janvier 2012, 11:50 information

source et suite de l'article www.mediapart.fr par : FABRICE ARFI ET KARL LASKE

Jean-François Copé n'en a pas fini avec l'affaire Takieddine. Selon un «procès-verbal d'investigation» du 12 décembre 2011, la police judiciaire enquête sur une étrange faveur fiscale accordée par le patron de l'UMP, à l'époque où il était ministre du budget (2004-2007). Les faits, évoqués en septembre dernier par Mediapart, portent sur l'effacement, en 2005, des deux tiers d'une dette fiscale réclamée par l'administration à un riche homme d'affaires franco-libanais, Gérard Achcar. Une ristourne de 4 millions d'euros, qui serait consécutive à l'intervention de Ziad Takieddine auprès du ministre. Et qui lui aurait été demandée par Nicolas Bazire.

Président des Grands moulins du Mali, mais résident fiscal en France, M. Achcar est en effet lié au n°2 du géant du luxe LVMH, mis en examen en septembre pour «complicité d'abus de biens sociaux» dans le volet financier de l'affaire Karachi. C'est la découverte du dossier fiscal de M. Achcar dans les archives de M. Takieddine qui a éveillé la curiosité des policiers de la Division nationale des investigations financières (Dnif). Le 9 décembre dernier, Nicola Johnson, l'ex-femme du marchand d'armes, a été priée de livrer son explication sur ces documents.

 

JF. CopéJF. Copé© Reuters
«Je me rappelle qu'une fois Nicolas Bazire est venu voir Ziad Takieddine pour que Ziad l'aide par rapport à M. Achcar,a-t-elle ainsi expliqué sur PV. En effet, M. Achcar avait un problème avec le fisc français. Ziad a accepté d'aider M. Achcar, à la demande de Nicolas Bazire. Ziad a ensuite contacté Jean-François Copé qui était ministre du budget à ce moment-là.»

 

Rencontré par Mediapart le 14 décembre, M. Takieddine a contesté être intervenu directement auprès de M. Copé, mais il a confirmé le rôle de Nicolas Bazire. 

«Un jour, M. Achcar m'a appelé et il m'a demandé rendez-vous "pour une affaire personnelle" lors d'un de ses passages à Paris,a-t-il expliqué. Il est venu me voir et m'a dit qui il était, et comment il avait su que j'existais, par M. Bazire. Il m'explique qu'il a une maison à Paris et qu'il est ennuyé fiscalement parlant. A l'époque, M. Bazire n'était plus rien et je trouvais normal qu'il ne puisse pas intervenir. J'ai dit à M. Achcar, "si vous me donnez votre dossier, je le transmettrais à quelqu'un". Et je l'ai transmis au cabinet Lefebvre (cabinet d'avocats qui défend aussi les intérêts de M. Takieddine, ndlr).»

MM. Achcar et Bazire sont loin d'être des inconnus l'un pour l'autre. Le fils du premier a épousé la fille du second en 2007. Et les deux hommes sont, depuis juin 2010, tous les deux administrateurs d'une même entreprise à Abidjan (Côte d'Ivoire), la Société nouvelle de confiserie du Vridi (SNCV).

Considéré comme mauvais payeur par le fisc français pour les années 1998, 1999 et 2000, Gérard Achcar a fait l'objet d'un important redressement fiscal au terme duquel l'administration lui réclamait 6,2 millions d'euros d'arriérés. Or, après l'intervention personnelle de Jean-François Copé, qui se matérialise par une lettre datée du 13 juin 2005 que Mediapart reproduit ci-dessous, les sommes dues ont miraculeusement dégringolé à 2,2 millions d'euros.

 

commentaires

Haut de page