Jeux de piscine
« jeux de mains, jeux de vilains », c'est le cas pour l'accusé cité pour agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans et agressions sexuelles sur une femme adulte.
Pendant l'été 2006, l'accusé (49 ans) a caressé les seins d'une jeune fille de 12 ans à l'époque. Le tout s'est déroulé autour de la piscine, en chahutant. Plus tard il lui aurait caressé les cuisses et détaché son soutien-gorge.
À la barre, il ne reconnaît qu'une partie des faits qui lui sont reprochés. Il regrette son geste, en reconnaissant avoir fait ça bêtement un peu sous l'emprise de l'alcool. Depuis il fait soigner son alcoolisme, il ne boit plus qu'un verre en mangeant. Dans ses dépositions, sa victime adulte expliquera « quand il est à jeun, il ne bouge pas mais quand il a bu il ne pense qu'à ça ».
À la barre, pendant un moment intense, il se retournera vers sa victime mineure et lui présentera ses excuses. Cette dernière fondra en larmes.
Dans ses réquisitions, Alexandre Rossi, Substitut du Procureur résumera l'affaire.
Premièrement : l'alcool dont était imbibé l'accusé au moment des faits lui a permis d'effectuer des gestes malsains.
Deuxièmement : il était dèsinhibé au moment du délit, ses mains étaient devenues baladeuses.
Troisièmement : il a trahi la confiance des parents de sa victime en l'agressant.
Quatrièmement : pour l'agression de la personne majeure ses explications sont peu convaincantes, il n'y a pas de rapport entre une dette de 800 € et une agression sexuelle.
Son avocat, Me Lachaud, rééquilibrera les accusations dans sa plaidoirie.
« En jouant, il chahutait, il avait l'âge mental des enfants qui l'entouraient ».
« Sa femme étant décédée, il a trois enfants à charge dont il s'occupe correctement ».
Elle demandera au tribunal de replacer les choses dans le contexte qui existait au moment des faits.
Condamnations : 6 mois de prison assortis d'un sursis mise à l'épreuve pendant 18 mois et obligation de verser 1301 € de dommages et intérêts.
Un amour enflammé
C'est par un incendie volontaire que l'accusé (56 ans) avait voulu exprimer son désarroi suite à une séparation houleuse.
La prévenue et son mari soupait dans un restaurant à Saint-Flour le 6 août 2006, lorsque son mari lui a demandé « dans combien de temps tu parts ?».
Malade depuis une dizaine de jours, la prévenue a eu un accès de colère.
Avant de quitter les lieux, elle lance une paire de lunettes à son mari. Ce dernier apparemment très pingre lui avait demandé de lui rembourser une partie du prix de celles-ci.
Elle se rend alors dans un village voisin où le couple tenait une auberge. Là, elle a la présence d'esprit de récupérer ses bijoux, avant d'allumer un feu.
À la barre, elle déclara « je ne sais pas comment j'ai fait, je me rappelle les allumettes mais pas la suite ». Elle quittera les lieux et se rendra à l'hôpital de Saint-Flour où elle demandera a être hospitalisé.
Françoise Priot, Présidente du tribunal, lui demandera si « un moment, avez-vous pensé que cela aurait pu être dangereux ». Visiblement ce n'était pas son souci au moment où elle a craqué les allumettes.
L'incendie maîtrisé rapidement aura tout de même occasionné des dégâts importants au petit commerce. L'activité n'a pas encore reprise au jour de la comparution.
La prévenue insistera sur le côté radin de son époux, elle rajoutera «Il buvait, il s'était arrêté mais il a recommencé ».
Alexandre Rossi, Substitut du Procureur, qualifiera le délit « d'incident qui n'est qu'un préjudice matériel mais qui aurait pu 'être humain si l'incendie s'était propagé aux habitations voisines ».
« À cause de cette rupture il y aurait pu avoir une famille carbonisée ».
Il demandera une condamnation avec sursis et mise à l'épreuve.
Son avocat appréciera les réquisitions empreintes de sagesse d'Alexandre Rossi.
Pour lui la prévenue « est une personnalité complexe faite de nuances, de subtilité et d'une grande sensibilité affective ».
Il rappellera « l'amour fusionnel du couple, elle était tombée amoureuse sur un coup de foudre et ils s'étaient mariés très rapidement après leur rencontre ».
« Les derniers temps son mari ne lui a tenu que des discours de reproche, il aurait dû éviter le registre de la mesquinerie pour des dépassements de 15 € du budget ».
Selon son avocat « lorsqu'on met le feu c'est un peu contre soi-même, cela s'est fait dans un désarroi total après un long cheminement de souffrance ».
« Monsieur aurait dû manifester un peu d'élégance ».
« La reprise de l'activité aurait pu donner lieu à une espèce de pardon, tel n'est pas le cas et c'est dommage ».
Condamnation : 3 mois de prison assortis d'un sursis mise à l'épreuve pendant 18 mois.
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