Alcool et déchéance
Le prévenu, 30 ans, cinq condamnations à son casier judiciaire était cité une nouvelle fois pour violences sur sa concubine. Il vit avec sa concubine depuis sept ans et deux enfants nés de leur vie en commun. Le 10 janvier au soir, l'amie du prévenu donne des bonbons à une des filles. L'accusé massivement alcoolisé s'oppose. La jeune fille s'étouffe, l'accusé, selon lui la saisit par les pieds et lui fait recracher le bonbon. Dans son élan, il frappe sa concubine qui n'avait pas respecté ses ordres. Il s'explique la barre : « je n'ai pas de problèmes psychologiques, c'est l'alcool la cause ».
Virginie Dufayet, substitut du procureur, « on ne peut pas se retrancher en permanence derrière des problèmes d'alcool pour justifier ses actes ».
Elle requiert 8 mois de prison dont 4 assortis du sursis et mise à l'épreuve pendant 36 mois. G Méral, son avocat tempère les réquisitions « son alcoolisation et pathologique et médicamenteuse, elle lui sert à cacher son malaise, sa problématique c'est la psychiatrie».
Verdict : 4 mois de prison dont 3 mois assortis du sursis mise à l'épreuve pendant 36 mois.
S. D. F., sans emploi et sans avocat
Grand buveur de bière, le prévenu 25 ans attaquait violemment un policier municipal le 15 janvier. Le représentant de la loi lui avait fait remarquer que les excréments de son chien salissaient la rue. La réponse du prévenu a été violente, il a envoyé une canette de bière dans sa direction et lui a donné deux coups de pieds dans les tibias. Comme il portait les chaussures de sécurité, les coups ont entraîné la dépense de 269,02 € de la part de la CPAM.
Virginie Dufayet, prévient l'accusé que la prochaine incartade de ce type se jugera en comparution immédiate avec probablement un passage par la case prison.
Verdict : 2 mois de prison avec sursis et 120 heures de travail d'intérêt général, obligation de soins, 600 € de dommages et intérêts et remboursements des débours à la CPAM.
Couple sous curatelle
Le prévenu, 29 ans, sous curatelle, alcoolisé à la bière à tapé sa concubine à la tête avec une canette de bière le 16 décembre.
Celle-ci mère d'un jeune enfant est aussi sous curatelle.
Le prévenu reconnaît qu'il « à un problème de nerfs ». Il avait un peu bu ce soir-là sur un pack de 10 il avait bu 7 bières.
Selon lui, il n'était pas ivre car son alcoolémie constatée au commissariat n'était que 0,2 g par litre de sang.
Verdict 4 mois de prison dont 3 assortis du sursis mise à l'épreuve pendant 36 mois avec obligations de soins et 600 € de dommages et intérêts à verser à la victime.
Gifles violentes
Adepte de la soûlographie, le prévenu a giflé violemment sa victime le 2 janvier. Dans un état d'excitation avançée à la barre, il essaye de justifier son geste. Le soir du délit, il avait passé sa journée à boire deux bouteilles de whisky, il ne savait plus ce qu'il faisait.
Sa voisine lui avait fait une remontrance car ce n'était pas la première fois qu'il rentrait chez lui avec fracas en claquant la porte.
Énervé comme une puce, il lui a asséné une gifle en représailles.
Le président Charollois, lui demande s'il est souvent en état d'ébriété. D'après le prévenu cest quelque chose de rare. Mais il avoue qu'il lui arrive au moins deux fois par mois de boire jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. Il regrette son geste et précise « a jeun je ne suis déjà pas bon ». Virginie Dufayet substitut du procureur, voyant son état d'excitation à la barre du tribunal lui demande s'il avait bu avant de de venir.
À la tête qu'il a faite, il a certainement trouvé la question incongrue.
Il se définit comme un super actif et malgré quatre condamnations pour des délits liés à l'alcool, il avoue s'être fait soigner mais sans résultat : « le psychiatre, ça ne sert à rien ».
D'après lui son addiction à l'alcool est due à des pulsions et il se noie de temps à autre dans le whisky ou autre alcool fort. Il avoue ne pas être méchant et être très intelligent.
Seulement, sa victime avait été opérée de l'oreille avant les coups, on lui avait posé un appareil auditif. Comme il a frappé telle une brute l'appareil implanté dans l'oreille de la victime s'est cassé sous le coup.
La malheureuse victime a dû être réopérée, tout en ayant subie une perte d'audition supplémentaire. Encore une fois, Virginie Dufayet, argumente son réquisitoire par « Boire de l'alcool n'excuse rien au regard de la loi ».
Elle explique comprendre aussi la frayeur de la victime car « quand on voit son état d'excitation naturelle, on se demande ce que cela doit être lorsqu'il a bu ».
Ces réquisitions seront fermes : 8 mois de prison dont 4 assortis d'un sursis mis à l'épreuve pendant 36 mois, obligation de soins et d'indemniser la victime.
Le tribunal suivra pratiquement les réquisitions, condamnations, 8 mois de prison dont 6 mois assortis d'un sursis mise à l'épreuve pendant 36 mois et obligations de soins. Le prévenu est en outre condamné à verser à la victime et aux parties civiles plus de 5 700 € de dommages et intérêts.
À l'annonce du verdict, le prévenu s'est emporté et a vociféré qu'il n'acceptait pas le verdict. Il a fait une sortie brutale du tribunal en claquant la porte et en bougonnant quelques insanités.
C.G