Aux « casseurs réunis »
Jeudi 1er mars, ce sont 7 prévenus qui étaient cités dans deux affaires différentes, mais avec la participation de plusieurs d'entre eux dans des deux casses.
Car ce sont de véritables casses organisés, pensés et effectués avec soin et méthode. Certains prévenus sont voleurs, d'autre receleurs dans ces affaires.
Pour le premier, le magasin Orga buro en a fait les frais. Dans la nuit du 1er au 2 décembre 2005, la bande se décide à faire une razzia dans le magasin. Un des prévenus avaient repéré un téléviseur plasma, il en avait envie. Trois individus de la bande se munissent d'une masse et se rendent sur le parking du magasin. Deux descendent du véhicule, le chauffeur fait le guet.
Un brise la porte d'un coup de masse et les compères attendent quelques minutes pour voir si le calme n'a pas été troublé aux alentours.
Ils rentrent et se servent copieusement, autant que le véhicule peut en emporter. (Ordinateurs, ordinateurs portables, écrans plasma, disque dur, vidéo-projecteur).
Ils vont vite stocker leur butin dans un garage. Mais, pris de remords, ils reviennent au magasin pour effectuer une deuxième razzia.
Leurs explications à la barre sont complètement dénuées de fondement. L'auteur du coup de masse reconnaît son geste, mais il ne sait pas ce qu'est devenu le produit du vol. Le chauffeur, grand benêt par excellence, s'est soi-disant fait exploiter par les membres de la bande. Mais une bande sans égérie féminine, cela ne fait pas sérieux pour des loubards comme eux. Leur égérie est citée pour recel, mais c'est la troisième fois en trois mois qu'elle comparaît devant le tribunal. Alexandre Rossi, substitut du procureur, se rappelle à son bon souvenir : « il y a trois semaines, elle était attirée par l'attrait du mauvais garçon, mais elle est encore là devant le tribunal pour cette affaire ».
Elle passera d'ailleurs la fin de sa comparution sagement assise sur le banc des accusés à côté de son as de coeur.
Ce dernier est présumé être l'organisateur des casses et le chef de la bande. Lorsque les gendarmes ont fait une perquisition à son domicile, ils ont trouvé un ordinateur et un écran provenant du vol. Il se démène comme un beau diable à la barre pour expliquer que dans cette affaire il n'a fait qu'acheter du matériel. Mais il savait que les objets avaient été volés.
« C'est parce que j'ai un gros casier, que l'on me met à la tête de cette affaire ».
«En plus, le gérant d'Orga buro a augmenté le nombre d'objets volés, je suis juste un acheteur ».
Pour le deuxième casse, ils étaient cinq prévenus dont deux étaient absents.
Encore un casse bien pensé et bien organisé. Ils avaient repéré un garage à Maurs qui distribue des quadds, ils avaient été tentés par les quadds mais ils se sont rabattus sur les voitures.
Dans la nuit du 21 aux 22 décembre 2005, soit quelque jour après le premier casse, ils opèrent à Maurs. Le scénario est semblable, pied de biche pour ouvrir la porte.
La razzia est complète, en plus de quatre véhicules qu'ils voleront en deux fois, ils dérobent trois ordinateurs, des chéquiers, un tableau de clefs et même les cadeaux de Noël des enfants du propriétaire du garage.
Le préjudice se monte à 46 000 €, ramené à 26 000 € après remboursement des assurances et 8000 km parcourues avec les véhicules.
Les véhicules seront retrouvés entre le 2 janvier et le 17 mars 2006 au gré des périnigrations des voleurs.
D'après eux, ils n'auraient été que de trois à effectuer le casse. Ils se sont déplacés avec une voiture que l'égérie féminine de la bande avait louée. Un des casseurs, n'aimant pas marcher à pied aura un d'accident le 19 janvier. Il heurte un véhicule et prend la fuite, au moment où il abandonne celui-ci il enlève les fausses plaques d'immatriculation.
Le présumé chef de la bande, toujours sur la sellette dans cette affaire est remonté contre les prévenus absents. En parlant de l'un d'entre eux, « il met tout le monde dans la merde et il ne vient pas à la barre assumer ses mensonges ».
Lors du partage du butin automobile le présumé chef s'est vu remettre les clés d'une voiture volée en contrepartie de la fourniture de fausses plaques d'immatriculation.
« J'ai eu les clés entre les mains, c'est tout, c'est un service que je pensais rendre, je ne m'en suis pas servi ».
S'adressant au tribunal : « tout le monde me reconnaît, arrêtez de me ramener les affaires des autres, j'ai la tête comme ça cet après-midi ».
Lorsqu'il a été interpellé, il était au volant d'un véhicule provenant d'un autre casse effectué à Aurillac.
Toujours pugnace, il se défend « je suis tombé une fois pour vol de voiture, maintenant je suis le garagiste d'Aurillac ». « Lorsque je me suis fait arrêter, j'ai été correct avec les policiers, ils cherchaient de la drogue, mais comme ils ne la trouvaient pas et qu'ils allaient casser la voiture je leur ai dit où elle se trouvait (2 g de cannabis) ».
Largement excédé, il rajoute « j'en avais marre tellement la police venais chez moi, je ne les invite pourtant pas ». Alexandre Rossi, dans ses réquisitions stigmatise l'attitude du pseudo chef de bande et de son frère prévenu aussi dans les deux affaires.
« Ils ont eu une attitude détestable, ils rigolent à la barre et mastiquent leur chewing-gum ».
« Ils se foutent de tout et font fi de la justice, ils attirent les objets volés comme des aimants ».
Les condamnations ont été distribuées sans parcimonie, 47 mois de prison ferme, 21 mois de prison avec sursis pour l'ensemble du gang. Le pseudo meneur a écopé de 24 mois de prison ferme et la révocation d'un sursis de 6 mois.
Son frère de 2 mois de prison ferme et 14 mois avec sursis. L'égérie féminine sera condamnée à 2 mois de prison avec sursis et 500 € d'amende.
Le coup de semonce des condamnations va sûrement faire réfléchir les protagonistes de ces deux affaires.
C.G
Jugement : Cantal non AOC
Le jugement mis en délibéré a été rendu public jeudi 1er mars.
Le tribunal est allé au-delà des réquisitions, en infligeant des peines de prison avec sursis en plus des amendements demandées.
Les directeurs d'usine ont été condamnés à six mois de prison avec sursis, 15 000 € d'amende dont 10 000 avec sursis pour des réquisitions inférieures : 15 000 € d'amende dont 8000 avec sursis.
Le directeur du groupe Toulousain a écopé de 1 an de prison avec sursis et 15 000 € d'amende pour les réquisitions suivantes : 10 000 € d'amende.
Pour le groupe « les fromageries occitanes », l'addition est particulièrement salée : 100 000 € d'amende et publication du jugement dans le quotidien local. Le procureur avait requis 30 000 € d'amende.
Les parties civiles (les différents syndicats des produits AOC, les associations de défenses des consommateurs, le CIF et l'INAO) n'ont obtenu qu'aux environs de 60 000 € de dommages et intérêts contre des demandes cumulées frisant les 300 000 €.
Le tribunal d'Aurillac aura été particulièrement sensible à la notion de contrefaçon et de publicité mensongère.
C.G