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Tribunal Correctionnel du 15/02/2007

par christian guittard 22 Février 2007, 08:49 information

Drogués et dealers

Ils étaient trois prévenus cités à la barre, accusés de consommation et de traffic de stupéfiants.

Deux sont absents, le seul présent reconnaît avoir consommé et stocké du cannabis. D'après lui, il dépensait 50 € tous les deux mois, mais il fumait quand même 3 à 4 joints par soir. Au prix du marché, il devait dépenser largement plus que ce qu'il a avoué. Pour faire plaisir à un copain dealer, il a stocké et distribué de la marchandise. En contrepartie de ses qualités de responsable logistique, il recevait quelques doses. La tête du réseau sera condamnée à 4 mois de prison ferme. Les deux autres prévenus à des peines de jours amende (1200 € pour le présent à l'audience et 1500 € pour l'autre).

C.G

Détournement de fonds

Comptable d'une association depuis 2001 elle avait détourné 15 995 € durant son emploi jusqu'en mars 2004. Sa seule explication à la barre sera « j'ai fait une erreur en 2001 et après je voulais la réparer ». Elle reconnaîtra même jusqu'à 20 000 € de détournement. Elle établissait des fausses factures, encaissait à son ordre des chèques destinés à l'association. Bénéficiant de la confiance des dirigeants elle retirait à la banque des liquidités pour son compte. Le jour de sa comparution elle a payé rubis sur l'ongle, les détournements qui lui étaient reprochés soit 15 995 €. Elle sera condamnée à trois mois de prison avec sursis et à 1 euro au titre du préjudice moral.

C.G

Sur une autre planète

Le prévenu, 45 ans, etait cité pour répondre des délits d'agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans et de corruption de mineurs de moins de 15 et de 18 ans.

Ce père tranquille, marié, a trois enfants : 8 ans,4 ans et une semaine.

En août 2005, il s'est livré à des gestes déplacés sur deux victimes. Lors de débats dans une piscine, il a baissé le maillot de bain de l'une d'elles.

En mars 2006, les deux victimes se sont rendues à son domicile vers 11 h 30 le soir. La femme et les enfants du prévenu étaient couchés. Il s'est livré là encore à des gestes répréhensibles. Il aurait tripoté les deux victimes, mais alors très nettement en dessous de la ceinture. Il aurait embrassé le ventre de l'une d'elles en philosophant sur ses poils pubiens.

Ces explications seront un peu courtes à la barre « C'était pour faire l'imbecile, tout gentil que je suis on s'est chahuté ». « La bise sur le ventre s'était sans arrière pensée ». D'après lui, une des deux victimes était un peu délurée. Il renchérira « je regrette, c'est ma gentillesse, j'ai été maladroit, je me suis prêté à leur jeu ».

L'expert psychiatre donnera un éclairage différent à l'affaire Pour lui le prévenu est analphabète. « Il a des troubles du comportement et s'identifie au monde de l'enfance ». «  c'est une personnalité infantile, immature avec des réactions proches de l'adolescence ».

Nathalie Bany, Procureur de la République, appuiera ses réquisitions sur le rapport de l'expert.

Elle ajoutera cependant « votre discours à la barre, les adultes ne peuvent pas l'entendre » . « On entend, mais on ne croit pas ». « Ce qui est grave c'est q'un jeune homme de 45 ans se sente autorisé à mettre la main sur des jeunes filles ». Elle conclura « les enfants on n'y touche jamais, jamais » en demandant une peine de 12 mois de prison avec sursis.

Me Olivier Lachau, du barreau de Perpignan a plaidé pour sa défense avec une fougue digne d'une cour d'assises. Il a décortiqué l'affaire de manière chirurgicale.

Pour lui, son client est un père exemplaire, aimable, serviable, affable et bricoleur. Cependant il a posé des questions dérangeantes pour le prévenu, mais qu'il voulait évacuer pour que le doute ne subsiste pas. « l'attitude du prévenu en mars 2006 a été selon lui provoquée par quelque chose ». « En ramenant les faits à l'heure juste réalité, sans être consentantes des victimes ne l'ont pas trouvé fautif ».

« Pourquoi ne se sont-elles pas enfuies en courant ?».

Pour Me Lachaud, il y a eu altération dans son discernement « on a l'impression d'être en présence de trois enfants dans cette affaire ». Lorsque le prévenu dit « je suis un père tranquille », il est à la limite de l'irresponsabilité. « Il n'a pas eu la perspicacité de s'arrêter au moment où il faut ».

Le tribunal le condamnera à 12 mois de prison avec sursis avec mise à l'épreuve pendant 36 mois. Il devra en outre verser 5 000 € de dommages et intérêts à une victime qui était présente à l'audience.

C.G

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