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Publié par christian guittard

*Rico « la poisse » devient Rico « la chance »*


Il était convoqué devant le tribunal pour deux affaires différentes. Rico, surnommé ainsi dans le landerneau des petits délinquants Aurillacois comparaissait dans la première affaire avec un complice.

Trois soeurs, absentes au tribunal, repèrent le 31 juillet 2006 une personne vulnérable autour du square.

Après une rapide analyse de la situation elles sentent la faiblesse de leur victime.

Elles commencent par essayer de lui prendre son téléphone portable. La victime se défend. Elles veulent alors lui faire retirer de l'argent au distributeur bancaire proche.

Le trio reste sur sa faim car la victime renacle. Survient alors, le complice de Rico.

Celui-ci, plus expéditif assène plusieurs coups au malheureux souffre-douleur.

L'une des soeurs est la petite amie du complice.

Rico « la poisse » arrive sur ces entrefaites et participe selon plusieurs témoins au passage à tabac . Rico qui a passé neuf mois en détention pendant l'année 2006 est un spécialiste des petits coups tordus. Il en est à sa 23e condamnation à 22 ans.

Toutes les condamnations concernent des faits à peu près similaires de petit brigandage. Alexandre Rossi, Substitut du Procureur, trouvera le terme exact pour définir son comportement. « Quand vous voyez un mauvais coup, vous vous précipitez dessus ».

Mais Rico, malgré qu'il ait été reconnu par la victime et qu'une des soeurs l'accuse nie farouchement sa participation au délit.

D'après lui « c'est des on dit», il n'a rien à voir dans cette affaire.

Le président Charollois lui demande « vous êtes reconnu par plusieurs personnes, comment expliquez vous cela ? ».

Réponse : « je n'en sais rien, c'est bizarre ».

Son complice, sans avocat, va se draper dans la « cape d'un chevalier blanc » pour assurer sa défense selon A Rossi.

Il explique, malgré quelques dérapages, qu'il est aujourd'hui intégré dans la société.

« J'ai un travail et j'en suis fièr, je n'ai pas attendu les aides improbables ».

Géraud Méral, avocat de Rico, plaide la relaxe car son client n'a pas été formellement reconnu. Il n'a pas été mis en présence des jeunes filles et d'un quatrième témoin lors de l'enquête.

« Ce n'est pas parce qu'il a 22 condamnations à son casier que c'est forcément lui ».

« le doute doit profiter au prévenu ».

Verdict : Rico « la poisse » a vu son séjour en prison prolongée de trois mois et son complice , malgré son angélisme à la barre, sera condamné à un mois de prison ferme et 300 € d'amende.


Rico impliqué dans une deuxième affaire minable, recel d'objets provenant d'un vol, a commis son délit quelques jours après l'affaire précédente.

Séjournant au F. J. T., il n'a rien trouvé de mieux que de dérober le téléphone portable d'un agent de sécurité.

Rico, « grand seigneur », le donne à une personne de sa connaissance.

Cela fera de lui son complice et il est cité devant le tribunal pour recel comme Rico.

Il avoue que c'est Rico qui le lui a donné sans contrepartie.

Ce n'était plus Rico « la poisse » mais Rico « au grand coeur » ce jour là. Le complice met sa carte personnelle dans le téléphone et se faire repérer par les policiers après une requête auprès de France Telecom.

Rico s'en est débarrassé, car selon lui « les téléphones c'est grillé ».

Encore une fois il s'est livré à un délit minable, il s'est précipité dessus.

Le complice receleur explique pas qu'il n'a pas voulu dénoncer Rico au début de sa garde à vue parce que « chacun sa vie, je ne m'occupe pas des affaires des autres, je ne voulais pas balancer ».

Mais à l'audience il réitère son affirmation « c'est Rico qui me la donné ». Alexandre Rossi, Substitut du Procureur demandera à Rico si l'accumulation de délits n'engendrerait pas une réflexion chez lui.

Un peu interloqué il répondra « je suis normal ».

Alexandre Rossi trouvera que l'on pouvait se poser des questions lorsque l'on entendait cette réponse.

Géraud Méral plaidera dans cette affaire qu'avec Rico « on n'avait pas encore tout essayé ».

Il suggérera le travail d'intérêt général comme peine dans ce délit.

Le jugement final va transformer un Rico « la poisse » en Rico « la chance », car la demande de son avocat sera acceptée.

Condamnation : Rico 80 heures de travail d'intérêt général à effectuer sous 18 mois et le complice, amateur de tranquillité, 150 € d'amende avec sursis.

C.G
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