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Publié par christian guittard

    • 13 Juillet 2009 Par www.mediapart.fr (source de l'artilce) 



      Le 8 juillet à Montreuil-sous-Bois (93), 
      un jeune homme a perdu son œil par un tir de Flash-ball. Il faisait partie d'un groupe de manifestants, réunis devant la clinique Chanzy afin de dénoncer leur expulsion de ce lieu à l'abandon et réinvesti par plusieurs personnes pour en faire un espace de rencontre et de vie collective. Une manifestation sans confrontation ni agression envers les forces de l'ordre.

       

       

       

       

      Le blog de la clinique occupée

       Joachim Gatti, ce réalisateur de 34 ans, n'est pas la première personne à être mutilée par un tir de lanceur de balles de défense, plus connu sous le nom de Flash-ball, une marque déposée.

       Cette arme à «létalité atténuée», inventée et fabriquée par Verney-Carron, lance des projectiles qui ne sont pas destinés à tuer la cible, mais à la mettre «hors combat». Les munitions les plus fréquentes sont des balles en caoutchouc qui répartissent leur puissance «sur une surface de 35cm2» à l'impact, provoquant «le même effet qu'un coup de poing d'un champion de boxe», détaille le fabricant. Mais le même lanceur peut envoyer avec la même violence d'impact des balles lacrymogènes et des balles colorantes, servant à marquer leur cible.

      Lorsqu'il était ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy avait appuyé le développement de l'arsenal dit «non létal» des forces de l'ordre, car, si «la police doit rester républicaine, ce n’est pas la condamner à l’inefficacité». Avec les armes «à létalité atténuée», «dissuasives» mais «pas mortelles», la sémantique fit passer l'idée que le maintien de l'ordre pouvait être respecteux de la vie et de la dignité des personnes.

       

       

       

      Le modèle Flash-ball Super-pro dont est munie la police

       Or, si les projectiles sont étudiés «pour éviter, même à très courte distance, la pénétration sur un individu normalement vêtu», ils peuvent néanmoins provoquer des lésions irréversibles selon l'usage qui en est fait. En effet, comme tout projectile, si la balle atteint une zone sensible du corps, la blessure peut être bien plus grave qu'un hématome. On peut ainsi affirmer – sans que nous ayons connaissance de tous les cas de mutilations ou de séquelles irréversibles dues au Flash-ball – que près d'une dizaine de personnes ont perdu un œil en France depuis quatre ans.

       

      Les projectiles du lanceur Flash-ball


    • Mercredi 6 juillet 2005, un garçon de 14 ans habitant aux Mureaux (Yvelines) perd un œil alors qu'il jouait aux alentours d'un immeuble voué à la démolition où la police intervenait pour en déloger des occupants. Sékou descendait par un balcon du premier étage et s'est retrouvé nez à nez avec un policier armé qui a «paniqué». «Sekou n’avait aucun bâton, ni barre de fer et n’était pas menaçant. Il a levé les mains. Le policier en tenue a mis un pied en avant puis un autre en arrière et s’est mis en position de tir en pointant Sekou avec son arme sans l’avertir. J’ai entendu la détonation et Sekou est tombé face contre terre en se tenant la tête dans les mains. Il ne bougeait plus. Un policier en civil s’est approché et lui a mis des coups de tonfa sur les jambes et dans les côtes et l’a menotté»,raconte un animateur du centre social de la Vigne Blanche qui a assisté à la scène.

       En octobre 2006, c'est un adolescent de 16 ans qui perd un œil, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), dans des circonstances troubles. Accusé d'avoir participé à l'édification d'une barricade et d'avoir lancé des projectiles sur des policiers, il est interpellé dans une rue adjacente près du lieu des affrontements, gravement blessé.

      A Nantes, en novembre 2007, lors du mouvement contre la réforme sur l'autonomie des universités, un lycéen de 17 ans participant à une manifestation devant le rectorat est atteint «par un tir de Flash-ball dont il affirme qu’il a été tiré par le policier cagoulé avec son Flash-ball jaune», apprend-on sur le site du collectif de vigilancequi s'est formé à cette occasion. Ce «Flash-ball jaune» n'est autre que le nouveau lanceur de balle de défense «LBD 40», plus puissant et précis que le modèle Super-pro utilisé depuis 1999. Fin 2007, il était encore en cours d'expérimentation.

       

       

       

      Le lanceur de balles de défense 40

       C'est au lendemain des émeutes qui ont eu lieu en fin d'année 2007 à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) que la direction de l'administration de la police nationale (DAPN) a décidé de mettre à disposition des forces de l'ordre de nouveaux moyens. Outre les lunettes pour se protéger des jets de pierre et les boucliers résistant aux tirs de chevrotines, la DAPN promet qu' «une nouvelle génération de Flash-ball 'lanceur 40' (calibre 40 mm) va leur être fournie» au cours de l'année 2008, passant d'une portée de 10 à 50 mètres.

       

      Il a fallu l'accident de Nantes pour que la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) soit saisie par le sénateur de Loire-Atlantique François Autain en janvier 2008, et rende un aviscritique sur la façon dont la police a mené son intervention. Elle recommande aussi une meilleure formation des agents amenés à manier ce lanceur de balles. «Si les projectiles lancés par le LBD ont été choisis pour leur capacité de déformation à l’impact limitant le risque de pénétration dans un corps vivant, ils peuvent avoir des conséquences dramatiques lorsque la partie corporelle atteinte est, comme en l’espèce, le visage et plus précisément les yeux. En outre, un tir à faible distance (à moins de 10-15 mètres) accroît considérablement les risques», note la CNDS.

       Le 19 mars, lors de la journée de mobilisation interprofessionnelle, un étudiant de 25 ans perd lui aussi un œil lors d'une action de réquisition de nourriture dans un supermarché. Réagissant à de récentes histoires similaires à celle de leur fils, les parents du jeune Nantais s'interrogent dans un communiqué daté du 12 mai sur le caractère intentionnel de ces mutilations : «Le fait que deux jeunes habitants de Villiers-le-Bel aient pu être tous les deux blessés à l'œil simultanément samedi dernier 9 mai, par des policiers, conduit évidemment à s'interroger sur la possibilité de visées intentionnelles au visage ou même précisément aux yeux.» Regrettant que le débat relatif aux armes à létalité réduite soit «encore placé au second plan dans le débat public», ils regrettent que les enquêtes ouvertes «n'aient aucunement dissuadé la police d'utiliser de tels armements sans discernement». 


    • En effet, les blessures irréversibles dues à des tirs de Flash-ball ne cessent pas. Depuis le mois de mai, trois personnes ont perdu un œil dans ces circonstances, et plusieurs usages abusifs du lanceur de balles de défense sont signalés. Le 15 avril, à Argenteuil, un policier tire à bout portant dans le ventre d'un automobiliste qui cherchait à se soustraire à un contrôle.

       


      Un policier tire à bout portant dans le ventre d'un conducteur à Argenteuil, 15 avril 2009

       

       Autres séquelles recensées par la victime: des nausées, des vertiges, des sifflements. Ainsi, Samir, 18 ans, touché à l'oreille par le tir d'un agent de la brigade anti-criminalité à Neuilly-sur-Marne. Souvent, un nez brisé et plusieurs hématomes accompagnent un tir en pleine tête.

       Pourtant, les règles sont claires: pas de tir au-dessus de la ceinture et à moins de 7 mètres. Mais une énième mutilation le 9 mai 2009 à Villiers-le-Bel où deux hommes perdirent un œil poussa le responsable de la direction centrale de la sécurité publique, Eric Le Douaron, à rappeler à l'ordre les forces de l'ordre en faisant circuler une note à ses directeurs départementaux afin qu'ils rappellent les principes de l'usage du Flash-ball et les fassent appliquer.

      Une mise au point dont les policiers intervenus le 8 juillet à Montreuil – et qui touchèrent cinq personnes au-dessus de la poitrine – n'ont, semble-t-il, pas fait grand cas.

       Ce n'est pas la première fois que la police de Montreuil s'illustre par la brutalité de ses pratiques. La CNDS avait dénoncé «un usage de la force disproportionné» et «des blessures injustifiées» à l'encontre de manifestants qui protestaient contre l'arrestation d'un sans-papiers, devant le commissariat local, le 4 juin 2008. Au cours de la charge, l'un des participants avait d'ailleurs reçu un tir de Flash-ball à bout portant dans les testicules.

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Anonyme 28/09/2014 13:54

N'importe quoi. Dans la dernière video on voit clairement que l'individu essaye de résister. C'est la réaction d'une personne normale ça peut-être?
C'est absolument pas une bavure, la personne a pas voulu se soumettre et a tenté de résister aux forces de l'ordre il a eu ce qu'il méritait.
Qu'est ce que vous auriez voulu que les flics fassent, qu'ils le laissent partir librement puisqu'il refusait de leur obéir? Mais bien sur évidement --'
Faut arrêter un peu de toujours victimiser ces gens là et les casseurs des manifs qui jettent des pavés sur les flics méritent clairement un bon coup de flashball dans les dents, qu'ils ne viennent pas se plaindre après coup, ils ont voulu joué et ils ont perdu.
Ceux qui se baladent avec des cagoules pendant les manifs ont pas vraiment l'intention de manifester calmement --'
Toujours à attaquer les forces de l'ordre, mais si il y avait pas de flics dans les rues personne pourrait sortir de chez soi sans risquer sa vie. Bande d'ingrats..