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Publié par christian guittard

15 Juin 2009 Par  mediapart.fr (source et suite de l'article)


En août 2008, Nicolas Sarkozy s'était invité à une assemblée générale des copropriétaires du cap Nègre (Var) pour appuyer la position de sa belle-famille, les Bruni-Tedeschi, lesquels possèdent une splendide résidence dans cette commune du Lavandou. Requis par le président pour s'occuper de cette affaire du plus haut intérêt, le préfet du Var avait soutenumordicus l'intervention des Bruni-Sarkozy. Mais, un an plus tard, ce dossier de tout-à-l'égout n'est toujours pas réglé. Et le préfet en question, Jacques Laisné, vient d'être muté sur un décret signé par Nicolas Sarkozy. Sans autre raison apparente et sans nouvelle affectation, cela ressemble fort à une punition.

 

Avec le retour de l'été, le sort du préfet du Var est donc scellé. «M. Jacques Laisné (...) sera réintégré dans son corps d'origine», se contente de signaler le décret présidentiel, publié au Journal officiel du 5 juin. Deux jours plus tôt, le conseil des ministres avait été encore plus elliptique. «M. Hugues Parant, préfet de Meurthe-et-Moselle, est nommé préfet du Var», notait son compte-rendu (ici, dans les Mesures individuelles), sans même mentionner le préfet Laisné.

 

Ce dernier, bizarrement, ne reçoit pas de nouvelle affectation territoriale ; il devra se contenter de rejoindre la Cour des comptes. Dans les couloirs feutrés de la «préfectorale», il se murmure toutefois que la brutalité de cette éviction serait liée à l'implication du chef de l'Etat dans cette très locale affaire de propriétaires qui secoue le cap Nègre (révélée par Var Matin puis détaillée dans Le Monde2).

 

 

 

Le «château» de la famille Bruni-Tedeschi, au domaine du cap Nègre

 

 

A la recherche d'une explication officielle sur cette drôle de mutation, Mediapart a fait le détour par les arcanes de l'administration préfectorale. Joint en ses bureaux toulonnais, le préfet Laisné a confirmé son départ. Mais l'intéressé n'a«strictement rien à dire» sur une décision qui relève«traditionnellement de la discrétion du gouvernement. Point barre».

 

Même fermeté, à l'Elysée : «Aucun commentaire.» Même si le décret est signé de la main du président Sarkozy ? Oui. «C'est le ministère de l'intérieur qui gère le corps préfectoral.» Direction la place Beauvau, donc, où l'on évoque d'abord la routine d'«un mouvement préfectoral» inscrit ce jour-là au conseil des ministres. Mais, fait-on remarquer, un sort exceptionnel a été réservé au préfet Laisné puisque tous ses collègues ont obtenu – eux – une affectation.

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