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Publié par christian guittard




«Le discours du rassemblement vient trop tard» après la défaite du PS aux européennes, estime Thierry Mandon, maire socialiste de Ris-Orangis, président délégué du Conseil général de l'Essonne. Il juge que son parti n'est plus gouverné que par la peur de tout perdre et qu'il est urgent de convoquer un nouveau congrès fondateur et d'organiser des primaires ouvertes à gauche.
Le résultat désastreux de ce dimanche est la triste, quoique prévisible, confirmation de l'inéluctable disparition du Parti Socialiste tel qu'il est et fonctionne. Si aucun changement de grande ampleur n'est engagé, on peut d'ores et déjà, malheureusement, en prédire la prochaine étape : les prochaines élections régionales avec des listes impossibles à faire, une concurrence frontale avec les Verts qui refuseront dans de nombreux endroits la reconduction de nos sortants, un bilan fiscal à assumer qui sera, avec les transports en commun, le principal angle d'attaque de la droite, bref, tous les ingrédients d'un nouveau fiasco.

 

 

Répéter «unité, travail et idées» peut suffire à conserver «l'ordre» interne du parti au prix de quelques aménagements, mais cela ne fera en rien disparaître les causes profondes de l'étiolement : leadership issu des années Mitterrand épuisé, paresse idéologique qui fait tenir un discours daté sur de très nombreux sujets, modes d'intervention et formulations archaïques, organisation de parti qui emprunte plus aux structures d'extrême gauche qu'aux mouvements d'idées modernes (militantisme fermé, rites incompréhensibles, primat des enjeux internes sur le débat avec la société).

 

La conscience de cette fin tragique est plus grande que l'on ne pense au sein du Parti socialiste. Sans même parler des propos publics de nombreux dirigeants, les signes avant coureur de la décrédibilisation de la structure du parti sont apparus dès le congrès de Reims. Derrière la façade d'un combat pour la prise de contrôle de l'appareil central, ce qui s'est joué c'est l'émancipation de quelques 3 à 4 grandes fédérations qui, entre elles, ont décidé de faire roi, reine en l'occurrence, qui perturberait le moins leur ordre mortifère. C'est le retour de la SFIO: un discours national gauchi, des pratiques locales à géométrie variable. Les victimes ? Des quadras divisés, spécialistes en diagnostic mais impuissants à l'action. Eux croient sincèrement à la nécessité de refonder un véritable parti mais surjouent entre eux des rivalités de Ligue 2.

 

C'est pourquoi le couplet du rassemblement vient trop tard. Désormais, il faut ouvrir en grand les fenêtres. D'abord, discuter avec les Verts et tous ceux qui le souhaiteront des modalités d'organisation d'une primaire ouverte et populaire pour désigner le candidat à la présidentielle qui peut avoir une chance de l'emporter. Dans le même temps, avec les mêmes partenaires, organiser des assises programmatiques qui serviront de base aux programmes présidentiels et législatifs. Enfin, programmer la date du congrès fondateur du nouveau Parti socialiste. Car chacun sait qu'un cadre idéologique redéfini, un bouleversement des règles internes, un fonctionnement modernisé et ouvert sont les conditions de notre résurrection. Mais la peur commande : Peur du neuf, peur de Nicolas Sarkozy, peur de nous même, depuis hier peur des Verts. La seule peur que nous nions c'est la peur de tout perdre. Il est pourtant minuit moins le quart. Il faut agir en grand maintenant.

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