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Publié par christian guittard

16 Mai 2009 Par Mediapart source et suite de l'article  


 Il peut sembler minuscule : un professeur de philosophie va être jugé à Marseille pour «tapage» après avoir crié «Sarkozy je te vois» lors d'un contrôle d'identité à la gare Saint-Charles.

Mardi 19 mai à Marseille, d'abord, le professeur de philosophie comparaîtra devant la justice pour avoir réagi à une opération de contrôle d'identité. Agé de 47 ans, il a voulu réagir en«citoyen», explique son avocat, Me Philippe Vouland. La scène a eu lieu un soir de la semaine à une heure de pointe, le 27 février 2008 vers 18 h, devant les passants de la gare. «Pour détendre l'atmosphère, mon client a pointé le doigt vers les policiers en criant : "Sarkozy je te vois". Cela a fait rire tout le monde, sauf les policiers», ajoute Me Vouland. Le professeur a donc été embarqué au commissariat, où il a passé plusieurs heures en garde à vue.

 

Le philosophe se trouve désormais sous le coup d'un article du code pénal qui est censé s'appliquer à la situation : «Les bruits ou tapages injurieux ou nocturnes troublant la tranquillité d'autrui sont punis» d'une amende pouvant aller jusqu'à 450 euros. Cette qualification juridique sera discutée âprement devant le tribunal de Marseille. D'autant plus que le procès-verbal des policiers, au commissariat, avait d'abord «oublié» l'injure pour viser des troubles auditifs prévus, eux, par le Code de la santé publique : «Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l'homme, dans un lieu public ou privé»... sans davantage parler, pour une fois, d'un outrage à agent de la force publique ou d'une offense au chef de l'Etat.

 

Pour rester dans l'absurde, l'avocat du professeur envisage un transfert de justice à la gare internationale Saint-Charles afin d'y procéder à diverses expertises acoustiques (portée de la voix de son client par rapport aux annonces sonores, etc.). «La philosophie de cette histoire est que les policiers, vexés par la réaction de mon client, ont voulu absolument lui donner une réponse pénale», commente Me Vouland. «Ne doit-on pas admettre, dans une société civilisée, l'existence d'un droit à l'ironie ?» L'épisode reflète un certain énervement des fonctionnaires et la multiplication du recours aux gardes à vue dans une optique d'intimidation policière.

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