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Publié par christian guittard

  • Face à la crise, que faire pour les jeunes? Martin Hirsch, haut-commissaire à la jeunesse, a lancé le 9 mars une concertation devant déboucher avant l'été sur une politique globale de la jeunesse. Mais dès la semaine prochaine, Nicolas Sarkozy devrait annoncer les premières orientations visant notamment à développer les contrats d'alternance. Il y a urgence: selon Martin Hirsch, le nombre de moins 25 ans inscrits au chômage pourrait passer de 150.000 à 250.000 en 2009. Le haut-commissaire propose donc que l'État dépense 1,5 milliard d'euros pour aider les entreprises à embaucher 100.000 jeunes.


     

    Cécile Van de Velde, sociologue au CREST (Insee) et à l’ERIS (Centre Maurice-Halbwachs, ENS) et auteur de Devenir adulte. Sociologie comparée de la jeunesse en Europe, ne pense pourtant pas que la mise en œuvre de mesures spécifiques vis-à-vis de cette tranche d'âge soit une solution. Entretien.

     

     

     

     

    Martin Hirsch s'apprête à annoncer des mesures spécifiques pour les 18-25 ans. Les autres pays européens ont-ils eux aussi une politique ciblée sur les jeunes?

    En France, les jeunes risquent d'être particulièrement touchés par la crise, mais c'est loin d'être le cas partout en Europe. En Allemagne, les jeunes étaient même jusqu'à récemment moins touchés que le reste de la population par le chômage, grâce au système d'alternance. En Espagne, la génération qu'on entend le plus, la génération 1000 euros, est plus âgée. Ce sont des trentenaires aux emplois précaires, qui n'ont pas les moyens de rembourser le prêt qu'ils ont contracté pour acheter une maison.

     En Grande-Bretagne, la situation des jeunes reposait jusqu'à présent sur un équilibre fragile. Là-bas, les études sont courtes, mais coûtent cher. Les classes populaires se retrouvent très tôt sur le marché du travail. Et parmi ceux qui font des études, beaucoup se demandent, arrivés à Bac+3, s'ils ont les moyens d'aller plus loin. On a des générations anglaises très endettées: plus de 90% des étudiants font un emprunt, et après les études, les logements coûtent cher.

     

    Après avoir habité sur un campus pendant leurs études, la plupart des Britanniques retournent donc chez leurs parents. Le problème, c'est qu'à présent, ils ont de plus en plus de mal à en repartir. Et avec la crise, cela va devenir compliqué pour eux de rembourser les emprunts car il va être plus difficile de trouver un job. Contrairement à la France, on ne parle toutefois pas en Grande-Bretagne de génération sacrifiée, il n'y a pas l'idée de déclassement. La souffrance y est individuelle, pas collective.

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