Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Catégories

Archives

Publié par christian guittard


  • Lire Aussi

    L'audition du directeur d'une maison d'édition par la police antiterroriste n'est pas, en France, chose courante. Jeudi 9 avril, l'éditeur Eric Hazan a été convoqué par la PJ dans le cours de l'enquête controversée sur le «groupe de Tarnac» et les «sabotages» de lignes TGV par ce mouvement qualifié d'«ultragauche» par le ministère de l'intérieur.

     

    Entendu comme témoin, Eric Hazan a été interrogé sur le livreL'Insurrection qui vient (La Fabrique, mars 2007). Les policiers de la Sous-direction de l'antiterrorisme (SDAT) soupçonnent en effet Julien Coupat – écroué depuis la mi-novembre dans cette affaire judiciaire – d'être l'un des auteurs de cet ouvrage publié sous la signature d'un mystérieux «Comité invisible».

     

    «Cette tentative d'impliquer un livre et un éditeur dans une association de malfaiteurs terroristes constitue une grave atteinte à la liberté d'expression, a réagi la maison d'édition. N'étant pas témoin des faits instruits dans cette affaire, Eric Hazan a répondu qu'il n'était pas dans son rôle de combler le vide du dossier. S'il existe des éléments dans L'Insurrection qui vient enfreignant les lois sur la presse, Eric Hazan est prêt à en répondre devant les tribunaux compétents.»

     

    Le monde de l'édition s'alarme généralement de telles incursions judiciaires, aussi rares que remarquées. «Si l'on recommence à ennuyer des éditeurs pour des livres à contenu politique, on va se rapprocher de l'époque de la guerre d'Algérie et de la censure qui avait notamment touché La Question, l'ouvrage d'Henri Alleg sur la torture pratiquée par l'armée française», relève ainsi l'éditeur Paul Otchakovsky-Laurens (POL).

     

    Les mésaventures d'Eric Hazan évoquent un autre type de précédent à Emmanuel Pierrat, avocat spécialiste du droit de l'édition: celui du livre de Claude Lucas, Suerte (L'exclusion volontaire). Avec cet ouvrage de sciences sociales publié dans la collection Terre Humaine (Plon, 1998), avec une postface de Jean Malaurie, l'ancien braqueur Claude Lucas livrait son témoignage sur la délinquance, la prison et la réinsertion. «Quelque temps après la publication de son livre, Claude Lucas avait été rattrapé par son passé et il s'était retrouvé devant un tribunal correctionnel. Pour l'enfoncer, l'avocat général n'avait alors rien trouvé de mieux que d'utiliser des passages de cet ouvrage magnifique, à charge contre son auteur...», se souvient Me Pierrat.

     

    Pour l'heure, Eric Hazan n'est certes pas poursuivi par la justice. Mais la PJ antiterroriste nourrit visiblement plus que des soupçons à l'égard du livre, à en juger par son rapport du 15 novembre 2008 contre le «groupe de Tarnac» qui avait déjà été publié par Mediapart.«Ce groupe constitué autour de son leader charismatique et idéologue, le nommé Julien Coupat, est constitué d'une vingtaine d'individus basés en région parisienne, dans le Limousin et sur la commune de Rouen (Seine-Maritime). Il obéit à une doctrine philosophico-insurrectionnaliste qui ayant fait le constat que la société actuelle est "un cadavre putride" (tel qu'il est mentionné au sein du pamphlet intitulé L'Insurrection qui vient signé du Comité invisible, nom du groupe constitué autour de Julien Coupat) a décidé d'user des moyens nécessaires pour se "débarrasser du cadavre" et provoquer la chute de l'Etat, selon ce document judiciaire. Les cibles désignées dans cet ouvrage dont il a été établi dans la présente enquête qu'il avait été rédigé sous l'égide de Julien Coupat étant, de manière récurrente, tout ce qui peut être, par analogie, défini comme un "flux" permettant la survie de l'Etat et la société de consommation qu'il protège.»

     

    Le 15 novembre, Mediapart avait publié le long entretien qui nous avait été accordé la veille par Eric Hazan et que nous reproduisons aujourd'hui. Dans les trois extraits vidéo qui suivent, l'éditeur analyse le contexte du livre et les risques posés par l'utilisation d'un ouvrage comme pièce à conviction judiciaire. Nous republions ensuite la transcription de cet entretien dans son intégralité.

     

    Qu'est-ce que L'Insurrection qui vient?

     

     

     

     

    Existe-t-il une «mouvance anarcho-autonome»?

     

     

     

    Comment réagissez-vous à l'intérêt de la police pour le livre que vous avez publié?

     

     

     

     

    (Si cette page ne s'affiche pas complètement, merci de rafraîchir votre écran)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article