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Publié par christian guittard



La Pologne appelle les dirigeants de l'Union européenne à lever 120 millions d'euros pour participer aux travaux de rénovation de l'ancien camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.

Dans un courrier adressé le 10 février 2009 aux dirigeants européens, le Premier ministre polonais Donald Tusk explique que le musée de l'ancien camp prévoit la création d'une fondation pour financer et superviser ces travaux "urgents" de rénovation. Ce fonds a besoin d'un minimum de 120 millions d'euros pour être opérationnel, précise-t-il.

"Sauver Auschwitz-Birkenau signifie sauver la mémoire de millions de personnes qui y ont souffert et y ont été tuées de manière bestiale", écrit Donald Tusk. "L'extermination ne saurait devenir un simple chapitre oublié de l'histoire de l'humanité".

Pourquoi avoir attendu si longtemps ?, s’interroge le quotidien 
Le Monde. "Peut-être en raison de l'imprévoyance de l'ancienne direction", avance Serge Klarsfeld, vice-président de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et nouveau membre du conseil de la Fondation Auschwitz-Birkenau. "Mais, aussi du manque d'intérêt des gouvernements polonais. Ils ont pris conscience de cette nécessité récemment, avec l'augmentation du nombre de gens qui viennent".

Pour 
Wladyslaw Bartoszewski, ancien déporté, secrétaire d'Etat chargé du dialogue international et directeur du Conseil international pour Auschwitz (IAC), conseil consultatif qui veille sur le devenir du site, "la génération des déportés arrive à la fin de sa vie. Il faut protéger cet endroit, le seul des camps inscrit au Patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco. C'est une obligation pour ceux qui partent".

La préservation d'un lieu de mort n'est bien sûr pas dénuée d'ambivalence, relève Clara Georges dans 
Le Monde. "J'ai souvent eu un sentiment un peu mitigé devant l'idée qu'il fallait restaurer un lieu comme celui-ci, souligne Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et membre du Conseil international pour Auschwitz. D'un autre côté, si l'on ne restaure pas, cela disparaîtra. Auschwitz est un signal pour l'Europe et pour le monde. Il ne peut pas disparaître physiquement".

La mémoire de l’Holocauste 

Dans le courrier envoyé à l’Union européenne, le Premier ministre polonais souligne le rôle fondamental et symbolique d'Auschwitz dans la préservation de la mémoire de l'Holocauste. Il explique également que le musée ne peut à lui seul supporter le poids financier de l'organisation d'expositions et de rénovation des bâtiments en ruine.

Le ministre allemand des affaires étrangères 
Frank-Walter Steinmeier a annoncé que Berlin donnerait un million d'euros pour ces travaux de rénovation. "L'Allemagne ne fuira pas ses responsabilités", a-t-il affirmé, précisant que la contribution allemande serait plus importante lors de la prochaine année fiscale.

 Le camp d'Auschwitz-Birkenau s'étale sur 200 hectares et compte 155 bâtiments, ainsi que 300 ruines, dont des dortoirs et des chambres à gaz. Plus d'un million de personnes, en grande partie des Juifs, y sont mortes, gazées, malades, affamées, ou épuisées par le travail forcé.



Le camp d'Auschwitz a été créé en 1940 à Oswiecim sur les terrains d'une ancienne caserne abandonnée. Les années suivantes virent son développement, jusqu'à ce que le camp comprenne 28 bâtiments d'un étage. Le camp tout entier était entouré par deux lignes de barbelé électrifié.

Photo Wojciech Gorgolewski. 

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