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Publié par christian guittard


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    Toutes les personnes ayant, un jour ou l'autre, apporté leur aide à un étranger en situation irrégulière sont appelées à se rassembler, ce mercredi 8 avril, dans plus de 80 villes de France devant les palais de justice et les préfectures. À l'appel d'une vingtaine d'associations, emmenées par Emmaüs France, ces «délinquants de la solidarité», comme ils s'appellent eux-mêmes, demandent à être poursuivis pour le délit défini à l'article L.622-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers.

     

    Parodiant la politique des quotas en matière d'expulsion menée par le gouvernement, les organisateurs, parmi lesquels le Gisti, la Cimade, RESF, la Ligue des droits de l'Homme, le Secours catholique et Médecins du monde, se donnent comme objectif de réunir 5.500 personnes correspondant au chiffre d'individus à interpeller pour 2011 fixé dans la loi de finances. À la veille de la mobilisation, Emmaüs France a enregistré 8.500 inscriptions. Le but est d'obtenir la modification de la législation «afin que ne puissent plus être arrêtées et mises en examen les personnes qui agissent par solidarité et pour le respect des droits fondamentaux»

     

    Anticipant une vaste manifestation, Éric Besson, dans un courrier adressé aux présidents des associations concernées, leur reproche d'«entretenir de nouveau la confusion entre ce qui relève de l'action humanitaire, parfaitement légitime et utile auprès d'étrangers en situation de détresse, et ce qui participe d'une collaboration active, par passion, par idéologie, ou par imprudence, à des filières exploitant de manière indigne la misère humaine». Cette «campagne de désinformation», selon le ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire, «fait le jeu des filières».

     

     

    Sur le site delinquants-solidaires.org, édité par Emmaüs France.

     

     

    Cette initiative s'inscrit dans la foulée de la sortie du film Welcomede Philippe Lioret, dans lequel Vincent Lindon interprète le rôle d'un maître nageur mis en examen après avoir hébergé deux exilés kurdes. Au-delà de la fiction, la liste des personnes poursuivies s'allonge. Le 18 février, Monique Pouille, une bénévole aux Restos du cœur et à Terre d'errance, vivant près de Béthune, a été retenue pendant près de dix heures par la police, qui entre autres lui a reproché de recharger, chez elle, les téléphones portables de migrants en route vers l'Angleterre. La veille, Kamel Fassatoui, un responsable de la communauté Emmaüs de Marseille Pointe-Rouge avait été placé en garde à vue pendant six heures, après l'interpellation (puis l'expulsion) d'Hamid Belkhir, un compagnon sans papiers, et la perquisition des locaux de la communauté. Dans son courrier daté du 7 avril, Éric Besson se justifie, à sa manière: «Vous omettez de signaler que ces opérations ont été ordonnées non par mon administration mais par la Justice. Et dans les deux cas, sans entrer dans le détail des procédures judiciaires toujours en cours, il est peu vraisemblable que les faits visés se limitent à ceux que vous décrivez.»

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