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Publié par christian guittard



Source et suite de l'article  mediapart 24 Mars 2009 Par  


Après une semaine de polémiques et de scandales à répétition sur les rémunérations des patrons, le discours de Nicolas Sarkozy, mardi 24 mars, à Saint-Quentin (Aisne), était des plus attendus. Quelle action allait prôner le président de la République pour mettre fin aux dérives? Les députés de la majorité, emmenés par Xavier Bertrand lui-même, demandaient une loi, si le Medef ne prenait pas des dispositions d'ici au 31 mars. Christian Estrosi, conseiller politique de l'UMP, se déclarait favorable à une limitation mensuelle de 40.000 euros pour les salaires des patrons. Plus nuancé, le ministre du budget, Eric Woerth, évoquait la piste d'un encadrement, de nouvelles règles. Et bien, rien de tout cela.

 

Repoussant la question en toute fin de discours, Nicolas Sarkozy a fait appel à la «morale» et à la «responsabilit黫Pas de parachute doré, pas de bonus, pas de stock-option pour les patrons qui licencient, qui font appel à l'aide publique, qui ont recours au chômage partiel», a-t-il martelé. Mais jamais il n'a évoqué la menace d'une loi ou d'un encadrement. Il n'a même pas fait allusion à un contrôle renforcé de l'application du code de bonne conduite Afep-Medef. Tout juste a-t-il félicité les chefs d'entreprise qui distribuaient des actions gratuites à tous les salariés.

 

Mais le président de la République a-t-il vraiment envie d'aller au-delà? En pratique, l'attitude de l'Etat apparaît bien compréhensive sur ces questions. A cet égard, le cas de GDF Suez est des plus parlants.

 

Avec 35,7% du capital, l'Etat est le premier actionnaire du nouvel ensemble né de la fusion à l'été 2008 entre Gaz de France et Suez. Il y compte six administrateurs sur dix-sept. Xavier Musca, ancien directeur du Trésor qui vient de remplacer François Pérol au secrétariat général adjoint de l'Elysée, siège qui plus est au comité de rémunération du groupe. L'Etat a donc tous les moyens de faire entendre sa voix, de donner l'exemple.

 

Pourtant, dès le 12 novembre 2008, le conseil d'administration n'a rien de plus pressé à faire que de voter un plan de stock-options. Le groupe a alors moins de quatre mois d'existence et pas un semestre de résultat mais cela ne semble poser aucun problème. A peine constitué, le conseil a dès la fin août 2008 aligné les salaires des dirigeants de l'ex-Gaz de France sur ceux au moins quatre fois supérieurs de Suez. L'objectif est maintenant de retrouver les «bonnes» pratiques de Suez sur l'alignement des intérêts des dirigeants avec ceux des actionnaires. Le groupe privé a toujours été très prodigue sur ce chapitre. Cette politique généreuse de distribution a permis à Gérard Mestrallet de réaliser 7,2 millions d'euros de plus-values en 2007 et 3,3 millions en 2008.

 

(cliquer sur le document pour l'agrandir)

 

Ayant renoncé à ses stocks-options en 2007 offficiellement pour lier sa réussite à celle de la fusion, Gérard Mestrallet, PDG du groupe, se voit grandement récompensé de ce report. Le conseil a décidé de lui octroyer, dans le cadre de ce plan, 830.000 stock-options (450.000 au titre de 2007 et 380.000 au titre de 2008) exerçables à partir de 2012. Votés au cours de 32,75 euros par titre, ces stocks pour l'instant n'ont pas de valeur puisque le cours actuel est en dessous du prix de référence.

 

Selon les calculs du document préparatoire, dont Mediapart a eu connaissance, ils sont estimés cependant à une valeur de 7,7 millions d'euros. Jean-François Cirelli, qui, en tant qu'ancien président d'entreprise publique n'avait jusqu'alors jamais goûté aux délices des stocks, se voit lui accorder 300.000 options, représentant une valeur de 2,8 millions d'euros.

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