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Publié par christian guittard

16 Mars 2009 Par  


source et suite mediapart
Mediapart a un an, ce lundi 16 mars 2009.

 

Cette première année fut celle du défi et du pari.

 Défi sur le terrain professionnel, dans un contexte de crise de l'information et de dépression de la presse : en rassemblant une petite trentaine de journalistes, d'horizons et de générations très divers, Mediapart a voulu résister à la sinistrose ambiante, retrouver les joies simples du métier, recréer une ambiance collective où le journalisme s'invente tous les jours à plusieurs.

Pari sur le terrain économique, dans un contexte de révolution industrielle et d'incertitude commerciale : en choisissant un modèle mixte, à la fois d'abonnement payant au journal et de lecture gratuite des contributions extérieures à la rédaction, Mediapart a frayé une voie inédite qui le met à l'abri des aléas de la récession, tout en respectant la convivialité d'Internet.

Défi relevé, pari gagné. En un an, un titre s'est imposé, une référence s'est installée, une identité s'est affirmée. Mais cette réussite éditoriale resterait vaine si elle ne s'était pas accompagnée d'une invention commerciale. En faisant le choix, seul contre tous, de l'abonnement payant, Mediapart a anticipé l'éclatement de la bulle de la gratuité que la crise économique a, entre-temps, accéléré.

 La vieille presse s'aperçoit, notamment aux Etats-Unis, qu'elle a commis une erreur historique, qui a aggravé son déclin, en offrant gratuitement sur le support numérique des contenus qu'elle faisait payer, et cher, sur le support papier. Elle a déstabilisé son ancien modèle commercial en courant derrière une illusion spéculative : jamais l'information de qualité, approfondie et indépendante, ne pourra reposer durablement sur un modèle de gratuité totale financée par le tout-publicitaire.

Cette intuition, ajoutée à la conviction que la crise de la presse française était une crise de l'offre et non pas de la demande – une crise de contenus par trop conformistes, uniformes et superficiels –, était au ressort de l'aventure Mediapart. Il n'aura pas fallu un an pour qu'elle soit validée : désormais, ceux qui nous moquaient hier, confondant la gratuité démocratique d'Internet, que nous défendons et revendiquons, avec une gratuité marchande qui en est potentiellement la ruine, admettent que notre modèle est l'une des solutions d'avenir.

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