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Publié par christian guittard


28 jan 2009 source et suite de l'article www.mediapart.fr

Philippe Riès  

On ne peut pas faire plus discret. Une porte anonyme rue de Valois, dans le 1er arrondissement de Paris. Au premier étage, un appartement au décor un peu défraîchi qui fut, paraît-il, celui de Pauline de Beauharnais. Par les hautes fenêtres, la vue, une des plus prisées de la capitale, donne sur les jardins du Palais Royal. Dans deux grands salons de réception, le mobilier classique a fait place aux écrans d'ordinateurs d'une mini-salle des marchés. Bienvenue à la Société de financement de l'économie française (SFEF), une structure minimaliste chargée d'emprunter des dizaines de milliards d'euros et de dollars pour aider les banques françaises à faire leur métier, financer l'économie.

 

Pour certains mauvais esprits, il est naturel que la SFEF soit hébergée par la Banque du France dans l'ancien logement de fonction des gouverneurs (600 m2 en duplex) puisqu'elle incarne un retour d'un quart de siècle en arrière. Quand les banques françaises passaient par les maisons de réescompte pour avoir accès à la monnaie de la banque centrale. «Le crédit bonifié est dans nos gênes. Les mauvaises habitudes reviennent toujours», plaisante un expert. D'ailleurs, la SFEF est présidée par Michel Camdessus, ancien directeur général du Fonds monétaire international et gouverneur honoraire de la Banque de France. L'acteur gouverneur, Christian Noyer, en est le «censeur». Bref, «c'est un faux-nez de la banque centrale», juge un ancien du Trésor.

 

Avec cette réserve toutefois que le gouvernement peut demander l'affectation d'une partie des fonds levés par la SFEF pour des bénéficiaires désignés. «L'Etat peut consacrer 20% des fonds levés à ses pauvres», dit ironiquement une source proche du dossier. C'est ainsi que les sociétés de crédit automobile des constructeurs français ont été secourues et qu'Airbus vient de se voir allouer 5 milliards d'euros pour tenter d'éviter les annulations de commandes de compagnies aériennes affolées par la chute du trafic aérien. Et la rumeur prête au distributeur Carrefour le souhait de se présenter au guichet.

 

L'équipe de six personnes, dirigée par Thierry Coste, ancien patron de la gestion d'actifs du Crédit Agricole tiré de sa retraite, a démarré sur les chapeaux de roue. Créée par la loi du 16 octobre 2008, la SFEF a lancé sa première émission de 5 milliards d'euros le 12 novembre, suivie d'une autre de 6 milliards le 1er décembre et d'une troisième de 5 milliards le 7 janvier. Avec les deux milliards pour placement privé levés le 9 décembre 2008, c'est un total de 18 milliards d'euros qui ont été offerts aux investisseurs.

 

Autorisée par décret le 14 janvier à emprunter jusqu'à dix milliards de dollars en principal, la SFEF vient de boucler sa première émission dans la devise américaine, pour six milliards, très supérieur au montant envisagé initialement. La plus grosse émission en dollar jamais placée par ce type d'émetteur, alors même que la Banque européenne d'investissement (BEI) peine à placer deux milliards.

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