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Publié par christian guittard


Source et suite de l'article www.mediapart.fr par Mickaêl Hadjenberg
Au moins 337 sans-abri sont morts en 2008 en France. Comment le sait-on? Uniquement grâce au travail d'un collectif, Les morts de la rue, aux moyens limités, mais qui récolte des informations par le biais d'un réseau d'associations mis en place depuis six années. La rue tue, mais c'est une réalité tue.

 

Mediapart, lors de ses enquêtes, s'est rendu compte que l'Etat, en revanche, était muet sur le sujet. Ou plus exactement qu'il mentait par omission. Face à ce déni insoutenable, nous avons proposé un partenariat au collectif Les morts de la rue qui nous a conduit à la création d'un observatoire, via cette carte de France, dont les données seront actualisées chaque semaine.

 

Pour voir la carte en plein écran, cliquez ici.

 

 


Le 28 novembre, Nicolas Sarkozy déclarait à Meaux: «Il faut agir de façon à ce que plus personne ne meure de froid en 2008 dans l'un des pays les plus riches au monde. C'est un scandale!» Un tel scandale qu'apparemment, il vaut mieux ne pas en connaître l'ampleur.

 

En effet, par les instituts médico-légaux (IML), les commissariats et les hôpitaux, il serait certainement possible de mettre en place un réseau d'informations qui donnerait la mesure du problème. Mais visiblement, le gouvernement préfère s'indigner, une fois par an, à la première vague de grand froid venue, avant d'enterrer le problème. Comme si le seul abri certain sur lequel pouvaient compter les SDF était un caveau.

 

Par ses silences, le gouvernement espère masquer la faillite de ses politiques publiques, et y parvient en partie. Les informations médicales ou policières n'étant pas publiques, cette carte ne peut être que partielle. A coup sûr, d'autres SDF sont morts, sans que personne ne le sache, ou sans, en tout cas, qu'aucun organisme n'ait pu centraliser les informations.

 

Créé en 2002, le collectif Les morts de la rue, qui bénéficie de l'aide d'une douzaine d'associations ou collectifs présents dans de grandes agglomérations, est le seul en France à mener ce travail. Il s'est donné plusieurs objectifs: refuser l'oubli, organiser des funérailles dignes de la personne humaine, permettre aux proches d'apprendre les décès et interpeller les pouvoirs publics.

 

Son travail permet de voir sur la carte que des sans-abri meurent à Melun, Toulouse, Belfort, Nice, Paris ou Grenoble. En juin comme en janvier. De froid, de maladie, de coups, de bagarres ou par accident mais aussi, surtout, de désespoir, d'isolement, de la perte du lien social, du sentiment d'être rejeté, de ne pas exister. En moyenne, à l'âge de 49 ans, contre une espérance de vie dans le pays de 80 ans.

 

Mais ses moyens restent limités. Aucune association ne mène ce travail de recensement dans des villes aussi importantes que Toulouse, Montpellier, Clermont-Ferrand, Metz, Nancy, Brest ou Dijon. Pas plus que dans des milliers de petites communes. Par ailleurs, même dans les villes où ce type de collectif existe, ce n'est pas pour autant que toutes les informations leur parviennent. C'est pourquoi nous demandons à toute personne, qui, en France, aurait eu connaissance d'une telle mort, de bien vouloir nous en informer.

 

Nous supposons que le chiffre de 337 se situe en effet bien en deçà de la réalité. De toute évidence, en France, un sans-abri meurt tous les jours.

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