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Publié par christian guittard

Analyse de P Jorion parue dans le monde du 30 septembre 2008 "Le piège des Credit-Default Swaps"

"Les événements récents pourraient suggérer que les autorités ont pris la

pleine mesure de la crise qui secoue le monde financier.

Les chiffres mentionnés sont en effet astronomiques : 700 milliards pour soutenir le secteur bancaire américain, 100 milliards pour remettre sur pied Fan-nie Mae et Freddie Mac, sans compter les sommes destinées à venir en aide aux consommateurs. Mais rien n'indique que l'on s'attaque au mal en profondeur. Certes, il est provisoirement interdit de parier à la baisse sur les titres des firmes les plus menacées, mais contourner une telle mesure est un jeu d'enfants. Le mérite essentiel d'une telle annonce est qu'elle peut être aisément expliquée dans la presse, et que l'on peut affirmer solennellement que les méchants seront punis.

Cela dit, les ressorts de la crise restent intacts. Les spéculateurs débusqués il y a deux mois sur le marché des matières premières y opèrent déjà un retour en force ; les établissements financiers réduisent le niveau de leur dette, mais le mécanisme qui permettra à celui-ci de retrouver ses récents sommets est maintenu ; enfin, sous prétexte de se protéger de la crise, mais en réalité pour tenter d'en profiter, les firmes multiplient les paris sur la fin prochaine de leurs consoeurs.

L'instrument de ces paris est en effet le Credit-Default Swap (le «contrat d'échange de risque de défaut ») ou CDS.

Son principe est « Le celui d'une assurance, à cette différence près qu'on s'y assure.., contre le risque couru par un tiers. Cette particularité fait qu'une exposition, inévitable, au risque peut être démultipliée artificiellement.

Le marché américain des CDS se monte à 62 000 milliards de dollars, chiffre proche du total des dépôts bancaires à l'échelle de la planète. L'instrument fut mis au point dans les années 1990 par la firme qui deviendra JP Morgan Chase et qui, avec un chiffre de 7 000 milliards de dollars, demeure aujourd'hui encore le principal acteur de ce secteur.

Le marché des CDS n'est pas régulé, les transactions s'y font de gré à gré et nulle instance ne s'assure que le parieur dispose des fonds nécessaires ni que le montant global des contrats ou la qualité des intervenants soient rendus public.

Le risque que font courir les CDS est trop élevé pour qu'on les laissent persister."

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