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Publié par christian guittard

15 sep 2008Par  Mathilde Mathieu www.mediapart.fr (source et suite de l'article)
Le village breton de Chevaigné (2000 habitants) est entré en rébellion contre le Sénat, ses 343 fauteuils molletonnés et sa vacuité présumée. Le conseil municipal a refusé, par une motion votée à la quasi-unanimité, de se prêter au "jeu" des élections sénatoriales de dimanche 21 septembre, au cours desquelles un tiers des sièges de la chambre haute devront être renouvelés. C'est une première en France.

 

Pour le maire de gauche, Gilles Nicolas (non encarté), pas question de participer à ce «simulacre de démocratie». A ses yeux, la persistance d'un scrutin au suffrage universel indirect, qui prévoit que 150.000 "grands électeurs" (députés, conseillers municipaux, généraux et régionaux) choisissent à eux seuls les sénateurs, relève de l'escroquerie et plombe la légitimité des vainqueurs.

 Il pointe aussi le coût de l'institution (cette «anomalie» selon le mot de Lionel Jospin), qui avoisine 330 millions d'euros en 2008.

En juin dernier, l'édile et son équipe ont donc refusé de désigner, parmi eux, les 5 "grands électeurs" qui revenaient à Chevaigné, appelés à voter dimanche. A la place, ils ont adopté une motion réclamant la suppression du Sénat, cette seconde chambre du Parlement censée porter la voix des collectivités territoriales. Un appel à en finir avec le bicamérisme (que vous pouvez télécharger ici).

 

La conséquence en est simple : à partir du 21 septembre, le village ne sera plus représenté au palais du Luxembourg. Surgit une situation inédite en France, sans répercussion concrète pour les habitants, mais qui a mis la préfecture d'Ille-et-Vilaine dans l'embarras. Confronté à cette fronde, le préfet a rappelé en août à Gilles Nicolas qu'il était «chargé de l'exécution des lois» et se trouvait dans «l'obligation d'organiser les différents scrutins prévus par les textes en vigueur».

 

«Si une telle situation venait à se reproduire», «je me verrais contraint d'entamer à votre encontre [une] procédure de suspension», a-t-il averti par courrier. Dans l'immédiat, donc, pas de sanction. «Mais nous regrettons que le maire handicape délibérément ses administrés», glisse-t-on à la préfecture. Le candidat du PS aux sénatoriales, l'ancien ministre Edmond Hervé, s'est révélé tout aussi cinglant: «Vous faites le lit de Jean-Marie Le Pen», a-t-il lâché lors d'une visite, fin juin, à Chevaigné.

 

Pourtant, accusée de démagogie et de populisme, l'équipe municipale persiste et signe, déroulant un argumentaire plutôt fouillé, qui éreinte les sénateurs dans leur mission de législateurs et leur rôle traditionnel de défenseur des petites collectivités locales.

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