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Publié par christian guittard

06 sep 2008Par 

La rédaction Mediapart (source et suite de l'article)

Un article de Abnousse Shalmani

 

 

Le 29 juin 2008, un homme a mis au monde une petite fille. L'homme en question est Thomas Beatie, ancienne Miss Tahiti, ayant subi plusieurs opérations et une prise assidue d'hormones mâles pour devenir un homme, tout en préservant son utérus. Sa compagne ayant perdu le sien, Thomas Beatie a porté leur enfant, fruit d'une insémination artificielle venant d'un donneur inconnu. Thomas Beatie est donc en même temps la mère biologique et le père social de sa fille. La nouvelle est sidérante, et les performances de la science donnent corps aux mythes et aux fantasmes.


La différenciation sexuelle ne semble plus être une fatalité et l'autodétermination du genre sexuel est parfois brandie comme le dernier verrou avant la liberté totale de l'individu. Déjà, un certain nombre d'associations réclament la disparition des catégories sexuelles sur les pièces d'identité. En 2005, l'Inde a mis à jour les formulaires de demande de passeport en proposant trois choix de genre: masculin, féminin et eunuque. En effet, 5 à 6 millions de Hijra (hommes habillés en femmes) existent en Inde dont environ 8% sont castrés.

 

L'homme-femme ou la femme-homme... Thomas Beatie, l'homme enceint, pourrait pourtant n'avoir rien de révolutionnaire. Il résonne à l'aube du XXIe siècle comme un retour à l'androgyne des mythes.

 

 

Avant tout, distinguons, à l'aide du Robert, le travesti, l'hermaphrodite, l'androgyne et le transsexuel. 
Le travesti est, depuis 1569, d'abord l'individu revêtu d'un déguisement: c'est l'acteur qui se travestit. Depuis 1932, cela se dit d'un homme (souvent, homosexuel) habillé en femme et qui manifeste de manière volontaire des caractères apparents de la féminité (caractères sexuels secondaires, stéréotypes vestimentaires...). 
L'hermaphrodite, mot d'origine latine, est d'abord un être légendaire, fils d'Hermès et d'Aphrodite, auquel on attribuait une forme humaine à deux sexes. Le mot caractérise aussi un être humain possédant à la fois ovaire(s) et testicule(s). Un pseudo-hermaphrodite est un individu qui a les glandes génitales d'un sexe, mais dont les organes génitaux externes et les caractères sexuels secondaires ressemblent à ceux de l'autre sexe. Dans le règne animal, l'escargot, le ver et la sangsue sont hermaphrodites. 
L'androgyne, mot d'origine grecque, se dit d'un individu qui présente des caractères du sexe opposé, dont les organes génitaux externes sont mal différenciés. L'androgyne est un pseudo hermaphrodite partiel. 
Le transsexuel, mot d'origine anglais, est une personne qui a changé de sexe.

 

Du travestissement comme geste politique, de l'hermaphrodisme comme mythe et exception de la nature, de l'androgynie comme ambiguïté réelle, de la transsexualité comme changement total de sexe... C'est un voyage passionnant à travers les mythes, les arts et les réalités sociales que recouvre l'exploration de la différenciation sexuelle. 

 

Hermaphrodite endormie. Œuvre romaine d'époque impériale
(IIe siècle après J.-C.). Musée du Louvre.

 

Dans Le Banquet, Aristophane présente la théorie platonicienne de l'androgyne: au commencement, il n'existait que des androgynes, autrement dit tout à la fois mâles, femelles et hermaphrodites. 
Chacun se suffisait à lui-même, le sentiment amoureux n'existait pas, ou plutôt il existait seulement envers soi. Le monde était pétri d'orgueil et ne craignait plus les Dieux. Zeus lança alors sa foudre, séparant les mâles, les femelles et les hermaphrodites en deux, faisant naître les genres masculin et féminin. Depuis, l'être humain cherche sa moitié. C'est la naissance de la quête amoureuse, mais aussi de l'hétérosexualité (souvenir des hermaphrodites) et l'homosexualité (les mâles et femelles (pris séparément). L'androgyne est dans le même mouvement la perfection humaine et l'origine de l'amour.


Platon, à travers le mythe, donne la mesure de la fascination que l'androgyne exerçait dès l'Antiquité. On retrouve l'androgyne dans les figures divines de l'Asie (Shiva-Shakti) et des mers du Sud où il représente toujours le symbole de la réunion des contraires en une union autonome et parfaite, le retour à l'unité originelle, la totalité du monde naissant de la fin des oppositions. Eve aussi naît d'une côte de l'Adam primitif androgyne (Genèse 1:27) reprenant l'idée qu'il était une fois la perfection avant la différenciation.

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