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Publié par christian guittard

15 aoû 2008 Par Jade Lindgaard www.mediapart.fr  (source et suite de l'article)A l'heure où l'on ne parle plus que de think tanks "high tech", eux chérissent leur «boîte à outils» : la permaculture, une version radicale du développement durable, née en Australie dans les années soixante-dix et aujourd'hui pratiquée par plusieurs milliers de personnes (peut-être entre 10.000 et 20.000) au Malawi, au Brésil, en Croatie, à Santa Barbara, à Cuba, au Pays de Galles ou encore dans les Cévennes. La référence à l'outillage est une figure récurrente de leurs communications et forums de discussions.

 

 Pas d'eschatologie révolutionnaire. Tous ces «permaculteurs» sont unis par une méthode : avant de se mettre à produire (des aliments, de l'habitat, des paysages...), observer l'écosystème pour travailler à partir de ce qui s'y trouve plutôt que de partir de l'idée qu'ils ont en tête. Cette manière de faire -en permaculture, monde anglophone, on parle de «design»- repose sur trois principes de base : souci de la terre, souci des gens, savoir poser des limites. On parle aussi de «partage équitable» («fair share»). C'est tout ce qui sépare la tasse de thé industrielle, de la tasse de thé formule permaculture :

 

 


La tasse de thé industrielle...

  

 

 

 ... et la tasse de thé formule permaculture.

  Mais contrairement au développement durable, la permaculture n'a pas son ministère et n'a pas envahi les discours institutionnels. Restée plus marginale, elle rassemble une communauté hétéroclite d'agriculteurs, planificateurs urbains, ingénieurs, architectes, jardiniers, bricoleurs qui, à travers stages, séminaires et lieux de vie alternatifs, entendent bien contribuer à la recherche de solutions appropriables par le plus grand nombre face aux crises climatique et alimentaire.

 Comme le précise ce petit personnage qui ressemble à Jésus avec des rastas, la permaculture, «observe comment les éléments interagissent les uns avec les autres afin de maximiser leur efficacité en créant un tout auto-suffisant, produisant beaucoup à partir de peu, et non abusif» :

  

 

  Ce style un peu baba est pourtant trompeur. Car la première surprise de la permaculture, et sa différence avec le mouvement de la décroissance, c'est qu'elle n'a pas peur du monde des affaires. Elle peut même tout à fait sciemment en rechercher la compagnie : en 2007, la huitième conférence internationale de la permaculture s'est tenue à Sao Paulo, ville choisie pour sa qualité de cœur économique de l'Amérique latine. Le thème générique en était l' «économie verte», et parmi ses invités distingués, se trouvaient des représentants du groupe bancaire Banco Real ainsi que le concepteur d'un logiciel d'évaluation de la «durabilité des revenus» dans le conseil aux entreprises. Une journée de travail fut consacrée aux «progrès en matière de durabilité dans le monde des affaires».

  

A l'issue de la conférence, se réjouissent ses organisateurs, la banque fédérale brésilienne, Caixa federal, a offert une formation en permaculture à 35 employés, et le président de Banco Real a dépêché un avion au sud du pays pour y dénicher un producteur «perma» de cellulose.

 

 Olivier Rognon, fondateur de Carapa, collectif des Cévennes dont l'habitat et la production agricole sont régis par les principes de la permaculture, attache beaucoup d'importance à se distinguer des communautés néo-rurales des années soixante-dix : «Il y en a eu beaucoup dans la région, elles ont laissé une mauvaise image d'hippies et de drogues. Même si des très bonnes choses ont aussi dû s'y passer, elles sont connotées de manière péjorative aujourd'hui».

Et dans son guide du débutant en permaculture, Graham Burnett insiste : «la permaculture n'est pas un genre de philosophie new age pseudo-mystique !».

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